LETTRE OUVERTE A LA POPULATION

par le Collectif National Unitaire

jeudi 1er avril 2004, par Emmanuel


LETTRE OUVERTE À LA POPULATION

Cette société là, on n’en veut pas !

Nous, professionnels du social, de santé, de l’éducation et de la justice, animateurs, étudiants, formateurs en travail social et enseignants... nous nous mobilisons contre le projet de loi dit « prévention de la délinquance ». L’ensemble de la population est concerné ! Pourquoi ?

Ce projet de loi participe à la construction d’une société basée sur l’exclusion, le contrôle et la répression. Le texte contraint entre autre, ces professionnels à signaler aux maires « toutes personnes présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles ». Il oblige donc à rendre publiques des informations confidentielles reçues dans un cadre professionnel fondé sur une relation de confiance.

Les personnes dénoncées pourraient être :

- Un enfant s’absente souvent de l’école. Nous devons le dénoncer au maire et les parents seront convoqués afin de suivre un stage de parentalité et devront payer une amende de 750 euros. Est-ce la solution ?
- Une personne perdant son travail
- Une personne malade
- Une personne se trouvant en situation de séparation
- Une famille ayant des difficultés financières
- Un élève en situation d’échec scolaire Ces situations font-elles de nous des coupables ?

Notre société est de plus en plus ulta libérale. Les richesses ne profitent qu’aux riches. La protection sociale (sécurité sociale, assedic, CAF, retraite, santé) basé sur la solidarité et le partage, est mise à mal. En conséquence, un grand nombre de personnes basculent dans la pauvreté et l’exclusion. Le projet fait de chacun d’entre nous un délinquant potentiel.

Nous ne pouvons pas laisser passer un tel projet de loi aussi liberticide et anti démocratique, bafouant tout le travail éducatif et de prévention. Nos professions sont fondées sur une relation de confiance sans jugement dans laquelle l’individu n’est pas suspecté mais au contraire respecté.

Résistons ensemble pour une société où liberté, égalité et solidarité ne seront pas que des mots.

Le Collectif Unitaire National

CGT - FSU - SUD - Syndicat de la Magistrature - SNMPMI (Syndicat National des Médecins de PMI) - Union Syndicale G10 Solidaires - CNT - Coordination des Etudiants du Travail Social - Collectifs de Prévention spécialisée -AC ! - Ligue des Droits de l’Homme - APEIS - CFDT Cheminots - Collectif Informatique Fichiers et Citoyenneté - Collectif des formateurs en travail social - CPO (Conférence Permanente des Organisations professionnelles) 7-8-9 vers les états généraux du social.


1 Message

  • > LETTRE OUVERTE A LA POPULATION

    3 avril 2004 09:40, par lionel

    A bordeaux la mobilisation se prépare également pour le 21 avril. Si sur le fond cettre lettre ouverte à la population reste bonne, je crain que nous nous exposions aux critiques de ceux que nous combattons. En effet elle tien compte de la rédaction de la précédente version de l’avant projet.La « version 8 » ne nomme plus directement les travailleurs sociaux, elle n’est pas explicite sur l’appel à la délation. il y a eu une réécriture euphémisante du texte, le fond est caché derrière des concepts flous. Par contre ce nouvel avant projet précise l’implacable logique policière qui s’étend à tous les domaine de l’éducation( nationnale et spécialisée), elle affirme également la main mise politique du ministère de l’intérieur sur les élus locaux(maire et conseillers généraux), ainsi que sur les politique sociales localles qui devront s’aggrémenter de la prévention de la délinquance façon Sarkozy. je vous joint une proposition de tract unitaire faite par la commission action sociale CGT 33

    APPEL A LA DELATION : « ON CHANGE LES MOTS, MAIS LE FICHAGE DES PERSONNES EN DIFFICULTE RESTE AU PROGRAMME »

    Le 17 MARS dernier, près de 2000 personnes à Bordeaux, 10000 à paris, et beaucoup d’autres encore dans toutes les grandes villes de France, ont défilé contre l’avant projet de loi de prévention de la délinquance. Au cours de cette journée le ministère de l’intérieur niait effrontément l’existence d’un tel projet. Dans le même temps, la délégation de manifestant reçus au ministère des affaires sociales entendait le secrétaire de cabinet de M. FILLON, atténuer la portée des dispositions de ce texte, reconnaissant ainsi implicitement son existence.
    Le succès de la mobilisation des personnels de l’action sociale s’est rapidement fait sentir, puisque le 23 Mars nous disposions d’une nouvelle version de l’avant projet, dite « version 8 ».

    Malgré une rédaction volontairement modérée, l’esprit délétère et stigmatisant du texte perdure. Changeons les mots mais pas le fond.
    La définition comportementaliste de la prévention de la délinquance reste la même et continue de nier le malaise des auteurs d’infraction. Art. “ La politique de prévention de la délinquance a pour objectif de contribuer à l’amélioration durable de là sécurité…
    Bien que les professionnels de l’action sociale ne soient pas nommément désignés, ils restent concernés par les dispositions de ce texte Article L. 135-1 (chapitre 5). Les personnes qui soit par état ou par profession soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire interviennent au bénéfice d’une personne présentant des difficultés sociales ou éducatives sont habilitées à se communiquer réciproquement tous renseignements et documents nécessaires à l’accomplissement de leurs missions. Cet article étend « le devoir de délation » des populations en difficulté, à tous les services ayant mission de service public.
    La mise en place d’un état policier s’affirme en confirmant la mise sous tutelle des maires et des conseils généraux, en accentuant le rôle déterminant de la politique du ministère de l’intérieur, via les préfets. Article 2 : L ’Etat détermine les orientations nationales de la prévention de la délinquance dans le cadre d’un comité interministériel qui arrête une directive pluri-annuelle sur proposition du Ministre de 1’intérieur au vu d’une évaluation des conditions d’exécution de la présente loi…. Cette politique est animée et coordonnée localement par le maire, ou, le cas échéant, le président de I’établissement public de coopération intercommunale compétent dans le cadre des instances locales de coopération pour la prévention de la délinquance. Elle associe les services et les forces dont dispose l ’Etat en matière de prévention de la délinquance, dont le représentant de L’état dans le département dirige l’action. Le représentant de l’Etat dans le département s’assure de la cohérence des actions menées avec les orientations nationales arrêtées par le Gouvernement.
    Aujourd’hui les ministères de l’intérieur et des affaires sociale font mine d’avoir pris acte de la mobilisation des professionnels et des étudiants de l’action sociale, en tentant de faire croire à un remodelage de l’avant projet SARKOZY. Mais les dangers du texte perdurent.

    Nous appelons les élus, les citoyens, les professionnels de l’action sociale de milieu ouvert, d’internat à poursuivre la lutte, pour réclamer le retrait pur et simple de l’avant projet.
    Nous les appelons à faire grève et à manifester

    MERCREDI 21 AVRIL 04
    10H place Pey-Berland
    Le Collectif Unitaire Departemental UFAS CGT - FSU - SUD santé sociaux - SUD Collectivités Territoriales - CFDT santé sociaux 33 – SARPS - Syndicat de la Magistrature – AC ! - APEIS – LDH – ANAS 33 – Collectif des Formateurs en Travail Social – Collectif des Etudiants de l’IRTS de Talence – Coordination 33 des Travailleurs Sociaux en Lutte.
    PRPOSITION DE TRACT UNITAIRE UFAS CGT 33