L’automne ? de la démocratie ?

Fables electorales (7)

mardi 1er juin 2004, par Emmanuel


Salut O citoyens toujours plein d’amertume

Otages résignés trahis par l’élection

Salut mes compagnons on vous promet la Lune

Mais après le scrutin toujours êtes marrons

J’évite ce jour là l’urne « républicaine »

Emblème s’il en est d’un pouvoir détourné,

Et c’est en les voyant que j’ai beaucoup de peine,

Voyant ces citoyens se faire embobiner

Oui, dans ces jours de vote, ou le peuple respire,

Ses beaux yeux embrumés je les trouve cernés ;

C’est la peine perdue, mais c’est vrai il y a pire

Qu’une démocratie que l’on a détourné.

Ainsi, prêt à voter pour quelques arrivistes,

J’hésite longuement au bord de l’isoloir,

Je me détourne enfin quand j’aperçois le risque,

De voir des charlatans aux rennes du pouvoir

Liberté, élections, traits de la République

Je dois me justifier au bord de mon refus,

Il n’en reste pas moins que malgré la supplique,

Pratiquer l’abstention est toujours très mal vu.

Je voudrais cependant demeurer citoyen,

Faire que l’expression de tous soit prise en compte,

Faire en sorte au bon peuple qu’on donne les moyens,

De dire autre chose que ce qu’on lui raconte.

Peut-être l’avenir nous réserve après tout,

Une autre société que celle où l’on patauge,

Pas un monde idéal, mais un monde à nous,

Autre chose de mieux que cette triste bauge.

Le mythe électoral nous déclare égaux,

C’est l’inégalité qui pourtant règne en maître,

Qui scandaleusement est masquée par le haut,

Et oblige le bas ainsi à se soumettre.

             Lamartine /La Belette