L’Intérieur hérite d’une loi fantôme

le canard enchaîné du 7 avril

lundi 12 avril 2004


Parmi les dossiers légués à Dominique de Villepin par son prédecesseur au Ministère de l’Intérieur,il en est un particulièrement délicat : celui de la loi sur la prévention de la délinquance. Accusé d’avoir cédé au tout répressif, Sarkozy voulait soumettre au parlement un texte réhabilitant cet aspect de la luttte contre l’insécurité. Alors qu’il n’a pas encore été présenté au conseil des ministres, le texte a déja provoqué de vigoureuses réactions de rejet de la part, notamment, des éducateurs et des assitantes sociales. Plusieurs manifs ont été organisées, et des centaines de professionnels ont défilé au cri de : « Non à la délation ! » En cause, un article de cette loi qui imposerait à tout travailleur social d’informer le maire de la commune où il officie de l’identité des personnes bénéficiant de son intervention. Petit hic : avant son départ pour Bercy, Sarkozy jurait que cet article n’avait jamais existé. Et son cabinet ironisait sur « la vingtaine de versions du textes,  »toutes fausses"qui ont circulé dans les syndicats. lesquels répondent que, selon une technique éprouvée, des fuites ont servi de ballon d’essai, pour tester les réactions. Mais de véritable document authentifié par le ministère, on ne trouve aucune trace. Sommé de retirer ce projet liberticide, Villepin va être confronté à un délicat problème : comment annuler ce texte s’il n’existe pas ?

commentaire : au concours de « foutage de gueule », de Villepin sera-t-il aussi fort que Sarkozy ?