L’ Inserm et les enfants terribles

Le Point du 2.03.06

lundi 6 mars 2006


La réaction des médecins est massive, quoique tar­dive, au rapport d’expertise de l’Inserm publié en sep­tembre dernier et consacré aux troubles des conduites chez les enfants et les ado­Iescents. Troubles dont se­raient atteints, selon ce rapport, 5 à 9 % des garçons âgés de l5 ans et 5 à 7% de ceux âgés de 5 à 12 ans. L’lnserm préconisa alors un dépistage systématique, invitant les professionnels de l’enfance à repérer « des traits de caractère tels que la froideur affective, l’ in­docilité ou l’impulsivité ». Ce rapport a choqué. Une poignée de pédiatres lan­cent, voilà trois semaines, sans trop y croire, une pé­tition intitulée « Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans ». Résultat : « Trente mille signatures de pédia­tres, psychiatres, psycholo­gues, psychanalystes re­çues », se réjouit François Bourdillon, président de la Société française de santé publique et l’ un des fonda­teurs de l’appel. « Nous dé­fendons une tradition fran­çaise de la psychiatrie infantile consistant à éviter de prescrire des médicaments aux enfants. ». Les signataires de la pé­tition sont convaincus que l’Inserm veut « formater les com­portements des en­fants » et introduira de fait « une toxi­comanie infan­tile ».« Aux Etats-­Unis, plus de 10 % des enfants sont aujourd’hui sous Ritaline », ajoute Fran­çois Bourdillon. Les 30 000 pétitionnaires réfléchissent aux moyens de transformer ce succès.

E. L.