L’EXPIATION

vendredi 11 novembre 2005


Ca brûlait .La banlieue enfumée n’était pas à la fête,
Pour la première fois Sarko baissait la tête.
Il était arrivé pour causer crânement
Il laisse maintenant Aulnay- sous -Bois fumant
Ca brûlait. Les jeunes des banlieues fondaient en avalanches
Face à des CRS suppléant les Pervenches
Ne reconnaissant plus ni valeurs ni drapeau
Ni cette République aujourd’hui en lambeaux.
On ne distinguait plus de la ville le centre.
Ca brûlait. Tout avait la couleur de la cendre.
Pour de vaines promesses tant de fois répétées
Des jeunes désabusés les plombs avaient pété.
Par dizaines et centaines, ils s’en prennent à l’ordre,
Celui qui les condamne et les contraint à mordre,
Celui qui maintes fois a promis, rien tenu
Qui fait que dans la vie ils se retrouvent nus.
La violence n’est plus désormais simulacre.
Ca brûlait, ça brûlait toujours. La fumée acre,
Celle des incendies mêlée aux lacrymos,
Celle qui prend les armes et ignore les mots.
Ce n’était plus les cœurs vivants des enfants des cités,
C’étaient des cœurs brisés par l’inégalité,
Brisés de désespoir, d’exclusion, de misère,
Celle que l’on hérite de son père ou sa mère.
Etrangers dans la vie et étrangers partout,
On prend vite conscience et c’est ce qui rend fou
Folie de destruction des autos, des symboles,
Allant même jusqu’à détruire les écoles.
Cela dura des jours d’angoisse et de colère.
Les limites franchies, il n’y a plus de repères.
Quant aux politiciens, ils se mordaient les doigts
Eux qui n’avaient jamais levé le petit doigt.
Obsédés du pouvoir, leurs petites affaires
Les tenaient à l’écart des cités mortifères ;
La tenue de la Bourse et du taux de croissance
Est pour tous ces gens-là majuscule importance.
Banlieues abandonnées, tous ces jeunes en galère
N’attendaient plus rien d’eux, désillusion amère.
Tous les appels au calme se perdaient dans le bruit
Que faisait l’incendie qui éclairait la nuit.
Les médias attentifs, obsédés par l’audience
Diffusaient sans arrêt toute cette violence
Au point qu’à l’étranger, en regardant l’écran,
Tout le monde criait : « la France perd son sang »
Mais, révolte éphémère, l’ordre reprend ses droits.
On donne quelques sous et tout le monde y croit.
Riche et pauvre à leur place dans notre société
Passons à autre chose, il ne s’est rien passé.

Victor Hugo actualisé et matraqué par la Belette et Jean Feix.