L’ETAT D’URGENCE ENFIN LEVE ! MAIS...LES LOIS SECURITAIRES DEMEURENT AINSI QUE LA « CHASSE » AUX IMMIGRES.

jeudi 19 janvier 2006

Réunion Publique mardi 24 janvier 20h30 Halle aux toiles, à Rouen. Avec la participation de Evelyne Sire Marin (membre du comité central de la LDH)


La révolte des jeunes est née de l’accumulation des inégalités et des discriminations dans les banlieues et les quartiers populaires. Les causes sont profondes et bien connues : le chômage, la misère, la précarité, le racisme, les exclusions, les expulsions, le manque de logement, l’insuffisance criante de services publics...

Le gouvernement avait franchi une nouvelle étape, d’une extrême gravité, dans l’escalade sécuritaire en prorogeant de 3 mois de l’état d’urgence. Cette loi du 3 avril 1955 est une législation d’exception héritée de la période coloniale. Cette référence à la Guerre d’Algérie est un message symbolique désastreux.

Cette loi qui est enfin levée, mais qui peut redevenir rapidement d’actualité, permet aux préfets de décider le couvre-feu, à tout moment, ce qui est de l’ordre d’une logique de guerre. Ce que ne dit pas le gouvernement, c’est que la loi du 3 avril 1955 permet en plus :

* des interdictions de séjour, des assignations à résidence, des expulsions * la fermeture des lieux de réunions et l’interdiction de réunions et de manifestations * des perquisitions dans les domiciles et les voitures * des mesures pour s’assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature

Le gouvernement Villepin-Sarkozy répond par la répression,

* pour provoquer les jeunes, pour faire peur à la population, pour satisfaire les racistes et les réacs * pour habituer la population à vivre sous un régime durable de graves restrictions des libertés publiques. C’est ce qu’il avait déjà commencé à faire avec le plan vigipirate, plan devenu maintenant permanent. * pour faire passer ses réformes libérales

Nous n’acceptons pas le recours à des procédures judiciaires expéditives vis à vis des jeunes et des immigrés, voire à une « justice d’abattage », alors que la même justice prend son temps pour élucider les conditions de la mort de Bouna et de Zied à Clichy. Nous exigeons l’arrêt des poursuites contre les inculpés et leur libération immédiate.

Nous dénonçons aussi la criminalisation dont sont victimes des militants du mouvement social et syndical : faucheurs d’OGM, travailleurs de la RTM, lycéens en lutte l’an dernier... C’est la même logique répressive.

Nous sommes tous et toutes concernés par ces mesures. Ce sont nos droits démocratiques, nos libertés fondamentales qui sont lourdement menacées. Nous dénonçons l’instrumentalisation de la justice par le gouvernement. Nous rejetons toutes les lois sécuritaires votées par les gouvernements successifs depuis la loi de sécurité quotidienne de Vaillant (PS) de 2001 jusqu’au projet de loi contre la délinquance prévu pour fin 2005.

Nous voulons alerter la population de la gravité et de la cohérence des mesures actuelles prises par le gouvernement, véritable machine de guerre avec tout un arsenal législatif et répressif :

* état d’urgence, loi anti-terroristes, lois anti-immigrés et tout nouveau projet visant à ce qu’il n’y ait plus de régularisations possibles pour les sans-papiers (même après 10 ans ou plus de séjour) à rendre le regroupement familial quasi inaccessible, les soins seraient réservés à une très petite minorité de malades étrangers qui n’auraient pas droit au travail, la durée du droit au séjour de nombreux étrangers serait liée à la durée de leur contrat de travail, tandis que les immigrés déjà présents seraient condamnés au sort de sans-papiers perpétuels, on irait chercher à l’extérieur « capacités et talents ».(immigration choisie)

Saviez-vous qu’il existe un centre de rétention dans la forêt d’Oissel, lieu d’enfermement des sans-papiers et déboutés du droit d’asile, d’hommes, femmes et enfants privés de liberté en attente d’expulsion ?

Non, nous n’avons pas besoin d’état d’urgence. Nous avons besoin de justice sociale, de respect, d’égalité, de dignité. Oui, il nous faut un plan d’urgence, mais un plan d’urgence social avec de vrais emplois, des salaires ou des revenus corrects, le plein droit de citoyenneté, des services publics de qualité partout (Ecole, Santé, Poste, Transports, EDF, des logements de qualité en nombre...) pour toute la population française et étrangère, les hommes et les femmes, les plus âgés et les plus jeunes.