Intervention au Conseil Général de l’Isère le 23 mars 2007

lundi 26 mars 2007, par caro

Ce matin, vendredi 23 mars, le collectif unitaire anti-délation profitait d’une séance publique au Conseil Général et de l’autorisation d’intervention accordée pour « envahir » la salle. Cela n’a pas été sans mal…


Intervention du cuad38 au Conseil Général de l’Isère

Un peu avant 10 h nous étions plusieurs dizaines devant les grilles fermées. Les cerbères de la sécurité entendaient ne faire rentrer qu’un porte parole et juste quelques personnes. Négociation ferme, aidée par des salariés syndiqués du CG. Finalement les grilles s’ouvrent, nous nous apprêtons à tous entrer, et hop, elles se referment presque aussi vite : « pas les libertaires, pas les libertaires », entendons-nous stupéfaits. Qui visaient-ils ? la CNT ? les jeunes à tresses ? Re-négociation : cette maison est la nôtre à tous, nous entrerons tous. Bon, finalement tout le monde (environ 150 personnes avec les retardataires) passe gentiment, accueilli par 5/6 policiers non harnachés.

Nous entrons dans la salle, dans la partie réservée au public. et notre porte parole prend place à côté du Président. Elle fait part des problèmes rencontrés à l’entrée (M. Vallini assure que cela ne vient pas de lui) et lit le texte préparé (voir plus bas).

Après cette lecture, M. Arias, vice-président, responsable du secteur social, intervient… Pour lui, « cette assemblée est démocratique et doit débattre pour savoir comment les élus mettront en œuvre cette loi « anti démocratique » dans le département », il ajoute « qu’il ne doute pas de la capacité des élus à faire la part des choses »… Cette loi dit-il, « compromet la capacité de cette assemblée à mener à bien la protection de l’enfance, la réussite scolaire et le développement social »…

M. Vallini a voulu reprendre le cours normal de l’ordre du jour, mais non, certains élus tiennent à intervenir, dont un maire qui s’est dit scandalisé d’avoir trouvé l’entrée ainsi « filtrée » :

- les PC : la loi donne plus de pouvoirs au maire. Pour nous, nous prendrons une délibération au sujet de l’application de la loi. Le maire de St Martin d’Hères rappelle qu’une des filles de Lucie Aubrac est une élue et que la loi ne s’appliquera pas telle quelle dans sa ville. Idem pour le maire d’Echirolles.
- les PS : un débat de fond doit avoir lieu : quelle société voulons-nous .
- les verts : contre la loi
- les UMP présents (d’autres avaient déserté la salle) : parlent de la délinquance qu’ils ont à gérer sur leurs communes (d’une manière quelque peu sarkozyste et sous les quolibets du public). Ce à quoi un maire répond qu’à une époque, il y a eu le fascisme et que c’est une résistance qui a permis de lutter contre ce régime…
- le président des maires de l’Isère annonce qu’il a préféré, lui, embaucher un médiateur social plutôt qu’un policier municipal. Il invite les maires à lui faire part de leur position pour les faire remonter à l’association nationale. (petit rappel, l’association nationale des maires était opposée à la loi, non pas sur le fond, mais parce qu’elle ne disait rien sur les moyens financiers que demandent son application)

En conclusion, M. Arias, vice-président PC, se voulant rassurant, annonce que la loi n’est pas applicable dans le département, tant que le budget n’est pas voté et ce, même si le Conseil Général n’est pas l’instance politique la plus apte à contrer cette Loi. C’est alors que de la salle un membre du CUAD 38 l’interpelle sur la demande formulée dans le texte lu par la porte parole du collectif : le CG s’engageait-il à protéger les citoyens et les salariés (directs et indirects) du Conseil Général en ne sanctionnant pas ceux qui entrent en Résistance ? le CG poserait-il un acte politique fort et entrerait-il à son tour en résistance contre cette loi liberticide ? Ce à quoi le vice président rétorque qu’aucun travailleur social de l’Isère ne sera sanctionné s’il ne participe pas à la délation.

Petit espoir sur cette dernière parole encourageante ? Si on s’en réfère au RMA, c’est bien parce qu’aucune ligne budgétaire le concernant n’avait été votée, qu’il n’y a pas eu de RMA dans l’Isère.

Caro, Aurélie et David

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