Extrait d’une interview exclusive du 13 novembre 2005, « Nicolas Sarkozy contre-attaque », dans L’Express du 17/11/05

mardi 22 novembre 2005


Le journaliste, Denis Jeambar, a, plus haut, demandé entres autres à N.Sarkozy : « Vous-même, ne vous êtes pas trompé en différant votre loi sur la prévention, annoncée pour mars 2003 et que vous ne présenterez qu’à la fin de ce mois de novembre ? ».

L’Express A partir des observations que vous avez faites au cours de ces nuits de violence, quelle est l’ampleur réelle du problème ?

N.S. L’affaire est grave. Nous n’avons pas quelques dizaines ou quelques centaines de délinquants. Il s’agit de milliers et le nombre de personnes interpellées en donne la mesure. (...) Le mal est profond, c’est pour cela que j’ai dit qu’il fallait l’éradiquer en profondeur, j’allais dire passer le Kärcher, mais je ne voudrais pas vous choquer ! Par ailleurs, il faut réfléchir à la question des mineurs, qui n’ont plus rien à voir avec ceux d’il y a quarante ans. Il y a des mi­neurs qui, à 14 ou 15 ans, ont déjà violé, braqué, brûlé et qui sont forts comme des hommes. Il nous faut trouver une nouvelle réponse pénale. Il nous faut repenser la ques­tion des familles qui ne res­pectent pas leurs devoirs : elles doivent pouvoir être sanctionnées par la suspen­sion ou la mise sous tutelle des allocations familiales. Il faut aussi systématiser la pré­sence d’internats dans les quartiers. En région pari­sienne, l famille sur 2 est monoparentale. Que faire des « orphelins de 16 heures » à la sortie des écoles ? L’internat est la réponse pour que les enfants ne soient pas livrés à la loi de la rue. Il faut multiplier les moyens de dé­tecter les comportements vio­lents dès le plus jeune âge. Je présente­rai pour cela, à la fin de ce mois, un plan de prévention de la délinquance. Je ne crois pas à une réponse de masse, mais à des réponses individualisées adaptées aux problèmes de chacun.

L’Express Iriez-vous jusqu’à proposer, comme en Grande-Bretagne, une interdiction pour les mineurs de moins de 12 ans de circuler seuls dans les rues au-delà de 22 heures ?

N. S. Non, car je ne crois pas aux mesures générales. En revanche, il nous faut lutter contre l’absentéisme scolaire. Là encore, si une famille n’exerce pas ses devoirs, la question de ses droits aux allocations doit être posée. (...)