Et maintenant les travailleurs sociaux en garde à vue ! Le 7 avril 2004

jeudi 8 avril 2004, par Emmanuel


Olivier Pira,éducateur de l’ADNSEA à Lille mis en garde a vue dans l’exercice de fonctions !

Communiqué de presse de SUD santé sociaux le 6 avril : " Ce mardi 6 avril 2004, Olivier Pira, éducateur au service droit des jeunes , délégué syndical SUD santé sociaux à L’ADNSEA de Lille a été placé de longues heures durant en garde à vue !Il avait été contacté sur son lieu de travail et invité à se présenter à la police de l’air et des frontières pour clarifier la situation d’un jeune qu’il avait rencontré dans l’exercice normal de ses missions professionnelles ( accueil et conseil de mineurs et jeunes majeurs en difficultés). Au cours de l’entretien Olivier a été placé en garde à vue et mis en cause dans le cadre « d’une aide au séjour irrégulier d’un étranger ». SUD santé sociaux :Proteste énergiquement contre cette forme de répression de l’exercice normal de la profession d’éducateur, qui voudrait transformer tout travailleur social en auxiliaire de police !Tout professionnel social, de la santé, de l’éducation, de la justice recevant un étranger pourrait à tout moment subir le même sort qu’Olivier c’est inconcevable ! SUD considère qu’il s’agit là d’un abus de pouvoir de la PAF.Demande aux employeurs publics et privés du secteur sanitaire et social de protéger leurs salariés dans le cadre des missions professionnelles qui leur sont confiées et d’intervenir auprès du ministère de la justice pour que de tels faits ne puissent se répéter ! Appelle l’ensemble des travailleurs sociaux, leurs organisations syndicales et toutes les organisations démocratiques à réagir pour refuser cet arbitraire qui mettrait en cause l’exercice d’un cadre professionnel basé sur la relation de confiance entre usager et travailleur social, et qui renforce la construction d’une société basée sur l’exclusion, le contrôle, la répression. D’ores et déjà une première réaction unitaire aura lieu le 21 avril 2004 à Lille. "

L’affaire Pira : une menace pour l’exercice des professions de tous les travailleurs sociaux, soignants, enseignants !

Est-ce un hasard si cet évènement survient dans une forte mobilisation contre le projet de loi de prévention de la délinquance, en pleigne campagne sécuritaire du gouvernement ? L’arsenal répressif utilisé contre Olivier et qui pourrait être appliqué demain à tout travailleur social, soignant, enseignant et plus largement à tout citoyen provient lui de la loi Sarkozy sur l’immigration qui elle a déjà été votée le 27 novembre dernier. Il ne manque pas d’assistante sociale de circonscription ou hospitalière, d’éducateur de rue, d’infirmier psychiatrique qui sont quotidiennement en contact avec des population étrangères, en situation irrégulière ou non qui demandent aide, assistance ou conseil aux services sociaux ou sanitaires aux centres d’hébergement. Si le seul fait de recevoir, conseiller, accompagner ou soigner ces personnes implique potentiellement gardes à vues et mises en causes , alors ce serait un pas supplémentaire dans la négation des libertés publiques, vers l’état pénal qui fait perdre tout son sens à un travail social fondé sur le respect des personnes et de leur dignité.

Il est temps d’agir, de relever la tête, mobilisation !

Les faits se cumulent d’une répression accrue, d’un contrôle social exacerbé, d’une désignation éhontée des populations précaires, sans droits, ciblées comme risque potentiel pour cause de pauvreté... c’est dans la loi Perben , les cartons législatifs... " Tout professionnel qui intervient au bénéfice d’une personne présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles est tenu d’en informer le maire de la commune de résidence. « Projet de loi prévention de la délinquance communément appelée loi Sarkozy » Dans ce domaine comme dans d’autres, il faut que le maire soit destinataire de l’information pour pouvoir orienter l’action des services concernés. Le projet de loi corrigera la notion de secret partagé dans ce but. " Précisions apportées par N. Sarkozy lors de sa présentation du projet de loi devant le congrès des maires et présidents de communautés le 20 novembre 2003

....Ou dans les courriers de la DASS du Nord :

Dans un courrier daté du 4 mars 2004 et adressé aux Directeurs d’association gérant des structures d’accueil et d’hébergement d’urgence la Directrice de La DASS écrit : " Suite à la réunion qui a eu lieu à la Préfecture le 9 septembre 2003 relative à la situation des étrangers en situation irrégulière, et sur sollicitation de la Préfecture, je vous demande de bien vouloir communiquer à la Direction des affaires sanitaires et sociales - service de l’urgence sociale et de l’insertion - le 5 de chaque mois, la liste des personnes accueillies avec mention des noms, prénoms, date de naissance et nationalité "

Alors réagissons ! Le 21 avril tous dans la rue : rassemblement au palais de justice de Lille 10h, Devant la DASS cité administrative 11 h..

Le 21 avril jour anniversaire du 21 avril 2002 est la date choisi par le collectif unitaire national contre le projet de loi Sarkozy pour une journée d’action nationale. Le collectif Nord Pas de Calais propose ce jour là :
- De se rassembler à 10 h au Palais de justice de Lille avenue du peuple Belge : Pour exprimer le rejet de tous les intervenants sociaux, soignants , éducatifs d’intimidations dans l’exercice de leur fonctions de la police, de menaces de gardes à vue ou de risques d’inculpation. Une motion unitaire sera déposée une demande de rencontre avec le Procureur sera effectuée.
- De se rassembler à 11 h à la DASS, cité Administrative : Pour exiger le retrait des mesures visant les établissements sociaux en matière de désignation des personnes " relatives à la situation des étrangers en situation irrégulière ", pour exiger le retrait du projet Sarkozy de prévention de la Délinquance

Le 1ier mai manifestons, faisons converger les luttes !

Le 1ier mai SUD appelle dores et déjà l’ensemble des étudiants et salariés du sanitaire et du social à manifester à prolonger leur action contre les lois et les mesures qui mettent en cause un travail social au service des populations, de leur besoins sociaux, financier. Nous avons aussi des intérêts communs aux autres salariés dans la défense de l’assurance maladie, l’assurance chômage, l’emploi, les services publics. Nous affirmerons nos valeurs : le refus de l’extrême droite et l’exigence de paix !

Sud Santé Sociaux : 12 rue d’Artois à Lille e-mail : sudsantesociaux.npdc wanadoo.fr