Educateurs pas délateurs

jeudi 24 avril 2008, par Sophie.L


La légitimation de la délation n’appartient qu’aux systèmes totalitaires, résistons, désobeissons !

Dans les années 70, nous, travailleurs sociaux, dénoncions la mission de contrôle que l’état social voulait nous confier, en aidant les habitants des cités à s’organiser au sein de comités de quartiers pour faire respecter leurs droits et leur dignité. Aujourd’hui l’ Etat Pénal voudrait faire de nous des garants de la paix sociale, des indics sociaux au service de la répression formalisée par les lois liberticides dont font partie les lois de prévention de la délinquance.

Le pouvoir ultra-libéral produit la misère sociale, accentue les inégalités de façon exponentielle et concentre les richesse sans redistribution. Etre pauvre, constitue en soi un délit, pour préserver les intérêts d’une minorité, dont le seul bût est d’accumuler les profits. Les chômeurs de longue durée, les Rmistes, les prostituées, mendiants, gens du voyage, parents défavorisés, deviennent les boucs émissaires. Il faudrait « mériter » les indemnités chômage, les allocations de misère...Délit de sale gueule, de marginalité, chasse à la fraude par les ANPE, tandis que des patrons voyous délocalisent, licencient, abusent de biens sociaux en toute impunité.

Dans quels régimes la délation se transforme t elle en acte civique ?

Les dénonciations auprès des maires, le secret partagé avec…la police deviendraient des actes civiques incontournables...

Hitler dès son arrivée au pouvoir en 1933 incitait la jeunesse à dénoncer ceux qui professaient des idées contraires à l’idéologie du Reich. Le gouvernement de Vichy en instituant la délation a conduit des millions de juifs, d’homosexuels, d’opposants politiques de Tziganes dans les camps de la mort. Les U.S.A sous le maccarthysme dans les années 50, ont recruté d’anciens nazis au sein de la CIA

pour faire « la chasse aux rouges » Sans oublier les gigantesques massacres, internements, procès arbitraires de la Russie Stalinienne et les pays satellites.

Est -ce ce type de société que nous voulons ?

La dictature apparaît là où l’ennemi intérieur est désigné : Ici l’ennemi intérieur c’est le pauvre, l’immigré, le parent défaillant, le marginal, le délinquant...Ils seraient arnaqueurs profiteurs, paresseux, parasites, déviants, sauvageons.Il existerait par conséquent une citoyenneté à deux vitesses celle qui a droit de cité et celle qui doit être dénoncée.

La législation n’a plus cours quand elle est contredite par l’éthique.

L’article 21 de la constitution de 1958 stipule : lorsque le gouvernement viole les libertés et les droits garantis par la constitution la résistance sous toutes ces formes est le plus sacré de tous les droits et le plus impérieux des devoirs.

Travailleurs sociaux, personnels soignants, enseignants nous devons souscrire à ce refus.

Les élus ne sont pas nos mandataires et en aucun cas nous ne signalerons des personnes dont le seul délit d’être défavorisés socialement, sans droits, et sans papiers…. Nous continuerons à garantir la relation de confiance, de confidentialité, d’entraide, de libre adhésion, d’anonymat , socle de la loi de 1972 concernant les statuts de la Prévention Spécialisée mais aussi du travail social en général.

C’est le gouvernement qui est hors la loi !

Renforçons ce formidable courant de résistance qui émerge au sein des collectifs de travailleurs sociaux, de soignants, des syndicats enseignants, de collectifs de défense des sans-papiers contre un régime qui bascule vers le totalitarisme.

Sophie Lecomte