Dominique de Villepin veut travailler main dans la main avec l’Éducation et la Justice

ASH, 23 avril 2004

vendredi 23 avril 2004


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« La délinquance des mineurs, les drogues et l’immigration clandestine » : ce sont les trois grands chantiers auxquels Dominique de Villepin compte s’attaquer. Il les a évoqués, jeudi 22 avril, devant les préfets, réunis à Paris pour la première fois depuis sa nomination. S’agissant de la délinquance des mineurs, le ministre de l’Intérieur a réaffirmé sa volonté de « travailler en étroite coopération avec les ministères de l’Éducation nationale et de la Justice ». En particulier, il a annoncé la préparation d’un protocole entre l’Intérieur et l’Éducation nationale, destiné à « améliorer la sécurité à l’intérieur et aux abords des établissements scolaires ». Si Nicolas Sarkozy avait établi une liste des villes « les plus criminogènes », son successeur place Beauvau a lui invité les recteurs à désigner « une cinquantaine d’établissements jugés prioritaires pour que soit menée, en concertation avec les chefs d’établissements, une action des forces de police et de gendarmerie contre le racket ». Alors que le même jour il se rendait avec Dominique Perben à Bobigny, Dominique de Villepin a affirmé, concernant sa collaboration avec la Justice, sa volonté de mettre en œuvre le « principe : toute dégradation doit pouvoir faire l’objet d’une réparation ». Il souhaite développer les travaux d’intérêt général - allant ainsi dans le sens du plan national présenté la veille par le Garde des Sceaux en conseil des ministres. Au sujet des récidivistes, il a évoqué l’élaboration, avec la Justice, « de nouvelles propositions ». Elles devraient notamment aboutir à la « mise en place d’un dispositif gradué qui exclut toute forme d’automaticité de la sanction ». Sur ce point, dans un entretien publié dans Le Monde daté du vendredi 23 avril, Dominique de Villepin précise qu’il est « contre l’automatisation de la peine et pour l’individualisation, ce qui peut supposer un aggravation de la sanction pour les multirécidivistes. Personnalisation ne veut pas dire laxisme ». En renonçant, aux « peines planchers », le ministre de l’Intérieur abondonne donc un projet qu’avait défendu Nicolas Sarkozy malgré la forte contestation du monde judiciaire. Sur la question des drogues, Dominique de Villepin souhaite un renforcement de la « prévention à l’école et au sein des familles ». Enfin, concernant l’immigration clandestine, le ministre de l’Intérieur a demandé aux préfets de veiller à l’exécution des arrêtés de reconduite à la frontière. Il a également souhaité une « sortie rapide » des textes d’application des lois sur la maîtrise de l’immigration et sur l’asile de novembre et décembre 2003.