Des organisations du social dénoncent leurs conditions d’exercice

ASH, 9 mars 2004

samedi 13 mars 2004

La Conférence permanente des organisations professionnelles du social (CPO) a lancé un appel « pour la défense d’un travail social offrant des garanties plus démocratiques aux populations les plus en difficultés ».


Voir en ligne : http://www.ash.tm.fr/front/flash.ph...

Dans un texte écrit le 6 mars, et adressé aux responsables des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat, ainsi qu’aux présidents des commissions aux affaires sociales, les travailleurs sociaux soulignent que, « confrontés, depuis deux ans, à une prolifération de textes législatifs », leurs « conditions d’exercice professionnel auprès des populations en difficultés » se dégradent. Constituée en octobre 2002, la CPO, qui regroupe une vingtaine d’organisations, avait alors adopté un manifeste commun sur le travail social et la démocratie. Dans leur appel, ces organismes constatent « le développpement d’une stigmatisation systématique de certaines catégories de populations aux comportements jugés »dérangeants« et le durcissement du traitement pénal de comportements sociaux liés, bien souvent, aux conditions mêmes d’existence des personnes concernées », ainsi qu’un « recul inquiétant de l’ensemble des dispositifs sociaux et médico-sociaux destinés à la lutte contre l’exclusion ». Ils mettent également en avant un « déni de leur apport au traitement du délitement du lien social et de la mise en cause du pacte républicain d’égalité des chances ». Et regrettent par ailleurs « le désengagement de l’État en matière de moyens et de politique, à long terme, de la formation des travailleurs sociaux, ainsi que du déploiement insuffisant de professionnels qualifiés dans les actions de protection et de prévention ». La CPO réclame donc une rencontre avec les élus « concernés par l’avenir du travail social, sa légitimité et son impact sur la société démocratique ».