Des nouvelles du collectif unitaire régional Nord Pas de Calais

COMPTE-RENDU DE LA REUNION DU 1ER MARS 2005

lundi 28 mars 2005

A l’ordre du jour :
- Retour sur la manifestation du 3 Février
- Positionnement du travail social local
- Questions d’actualité
- Perspectives d’action.


Collectif Régional Unitaire contre le projet de loi de prévention de “la” délinquance 12 rue d’Artois 59000 Lille SUD Santé Sociaux- SNASEN (Syndicat national d’assistantes sociales de l’Education Nationale)- SNUAS - FSU - SUD Education - G10 Solidaires Union Syndicale Psychiatrie - SUD Conseil Général 59 - SUD Collectivités Territoriales - ....

COMPTE-RENDU DE LA REUNION DU 1ER MARS 2005 A l’ordre du jour :
- Retour sur la manifestation du 3 Février
- Positionnement du travail social local
- Questions d’actualité
- Perspectives d’action.

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RETOUR SUR LA MANIFESTATION DU 3 FEVRIER

La mobilisation a été moindre qu’en 2004 (le 17 Mars), même si la participation de la région est restée importante (450 personnes, essentiellement du NORD). Plusieurs éléments d’explication : en 2004, le nom de Sarkosy était plus « mobilisateur » ; cette fois nous ne disposions pas d’un texte d’avant-projet de loi précis ; le temps de préparation, cette fois, a été relativement court. Le bilan est néanmoins positif : la mobilisation témoigne d’un maintien de la vigilance.

A noter : la prise de position intéressante de la FCPE au niveau national.

Les dernières nouvelles (Libération du 21 Février) font état du dépôt prochain d’un rapport sur la question, par Marie-Thérèse HERMANGE, sénatrice UMP, chargée de mission par De Villepin (qui cherche visiblement à gagner du temps et tente de diluer la mobilisation). Il nous faudra être très vigilants par rapport au dépôt de ce rapport.

Pour la suite, nous n’avons pas connaissance de proposition d’action qui émanerait du niveau national.Le choix de la date du 3 Février ne nous a pas satisfait (nous aurions préféré le 17 Mars) ; de plus, la choix du parcours de la manif a été contesté. Il est important qu’à l’avenir nous prenions davantage les moyens d’être représentés et entendus au niveau du collectif national (Jacky se propose d’y participer,...avec d’autres ? Pour info : la prochaine rencontre du collectif national unitaire a lieu à Paris, le Jeudi 31 Mars à 19 heures).

POSITIONNEMENT DU TRAVAIL SOCIAL LOCAL

Nous avons connaissance de prises de position de la part de l’EES (à vocation interne au centre de formation), de l’IRTS et de l’APSN (association regroupant les associations de prévention spécialisée du département du Nord), sans précision sur la nature de la diffusion de ces « prises de position »à l’extérieur de chacune de ces institutions. Un élément commun est la tiédeur de ces positionnements. Cette question semble, aux participants, importante à travailler.

SUD estime important que l’ensemble des centres de formation soit interpellé, mais également les grandes organisations du travail social au plan régional (ADSSEAD, UDAF, ADNSEA, etc....).

Au sujet des centres de formation, il est à noter :

- qu’à Vauban, on initie d’emblée les travailleurs sociaux en formation à l’utilisation du logiciel INES, qui est celui utilisé dans les UTPAS.

- qu’un collectif de travailleurs sociaux en formation a été créé localement (à l’image de 30 collectifs locaux répartis sur le territoire national), qui rejoint le collectif national des travailleurs sociaux en formation. Faire largement circuler cette information. Pour le moment, il compte surtout des éducateurs et des animateurs en formation. (Pour le moment, il n’y a pas d’assistanTEs sociales en formation). Leur prochaine rencontre a lieu le Lundi 8 Mars, à 18h,à l’IRTS. La précarité des situations des travailleurs sociaux en formation est soulignée : il y a lieu de se battre à la fois sur leur statut et sur le fond. Nombreux sont les TSF ou les infirmiers en formation à en être réduits aujourd’hui à suivre leur formation le jour et à travailler la nuit !
- Que les formateurs en travail social de la région ont été très peu nombreux lors de la manif du 3.

Il est décidé d’envoyer un courrier aux directeurs des centres de formation, leur demandant d’organiser une rencontre chez eux, entre l’ensemble de l’équipe des formateurs de leur centre et une délégation du collectif. En ce qui concerne les grandes structures du travail social, il est souligné le développement de leur « culture » du management, du marketing, leurs essais de « mise au pas » des personnels, leur idéal de visibilité, de « résultats », de « portefeuilles d’objectifs », leur obsession de l’évaluation, comme prémice à la mise en concurrence. Le collectif n’a pas pris, à ce sujet, de décision concrète.

Il a été décidé de rencontrer les travailleurs sociaux travaillant en commisariats (à notre connaissance, au moins à Maubeuge et à Tourcoing, à l’heure actuelle).

QUESTIONS D’ACTUALITE

Au Conseil général du Pas de Calais, on met en avant l’objectif de réduction des placements d’enfants de 50% sur les 2 ans à venir (sous l’influence du « lobby ATD » ?) sans réflexion de fond sur les enjeux d’une telle politique. La recherche de réduction des coûts conduit à diminuer les secours, les aides financières de l’ASE.

Des participants s’inquiètent de la disparition annoncée de la fonction de juge des enfants.

Une rumeur circule sur des menaces qui auraient été faites à l’ABEJ, de suspension de financements, si celle-ci continue à recevoir des jeunes en situation irrégulière. Toute information à ce sujet est la bienvenue !

Le collectif constate que les procédures d’appel (introduites contre des décisions de considérer des jeunes d’origine étrangère sans papiers comme majeurs, après expertise osseuse visant à déterminer leur âge probable) sont systématiquement perdues devant la cour d’appel de Douai...qui, par ailleurs, a reçu un appel introduit par le Parquet de Lille d’une décision qui estimait, après expertise osseuse, qu’un jeune était mineur !!

En matière d’injonction thérapeutique faite aux personnes dépendantes de produits, il est rappellé que, par la loi du 15/11/01, Vaillant (alors ministre de l’intérieur), liait déjà lutte contre le terrorisme et lutte contre la drogue. Des fiches, très complètes (comprenant des renseignements sur le voisinage, le lieu de travail...et, donc, bien plus complètes que le seul casier judiciaire) sont remplies (dans le cadre du STIC ?) et transmises (dans un contexte pré-sentenciel !!) au procureur, à la gendarmerie et au maire de la commune. Elles peuvent être utilisées dans le cadre de l’instruction. Une série de services (SPIP,....) se livrent à des enquêtes très poussées (notamment sur le passé judiciaire). Ces informations sont stockées dans les 7 tribunaux du département. Toute affaire traitée par la police, la gendarmerie ou les douanes, fait l’objet d’une liste des personnes mêlées à cette affaire. La démarche inverse est alors possible : à partir d’un nom, retrouver rapidement l’ensemble des affaires auxquelles il a été mêlé (de près ou de loin). C’est ainsi qu’une personne peut se voir qualifiée de « récidiviste » si elle a été mêelée à deux reprises à des affaires de shit. La pratique de criminalisation des jeunes consommateurs, et de transmission des informations passe parfois « par la bande » : exemple d’un courrier envoyé sous entête de « chargé de lutte contre la drogue », demandant les adresses d’une série de jeunes figurant sur une liste, à un principal de collège. Quel meilleur moyen de désignation, lorsqu’officiellement il n’est possible de faire état que de condamnations en bonne et due forme ?

Les participants estiment que la « nécessité » d’organiser la répression est « justifiée » par l’entreprise en cours de casse de l’Etat social, que le référendum sur la Constitution européenne vise à graver dans le marbre.

L’individualisation des situations est largement soutenue par un important travail médiatique, qui vise à conforter un certain type de regard sur « la » délinquance : cf.,pour France 2, « Envoyé spécial » ou la récente série de « Contre-courant » intitulée « Chroniques de la violence ordinaire ». Voir également, au plan plus local, la première page de Nord Eclair du Jeudi 3 Février 2005 (tiens, justement ?) qui illustre son article (dont le titre : « Délinquance : la région fait le bilan », barre toute la première page, avec un sous titre : « Les chiffres généraux baissent, mais les vols violents et par ruses augmentent »), par une photo grand format montrant trois policiers vus de dos (l’un d’eux a le bras levé et semble donner l’ordre aux jeunes de s’éloigner), en train de s’avancer vers un groupe de 3 jeunes à vélo, immobiles sur un bord de trottoir, (quels délinquants !!) qui les regardent approcher (les visages sont floutés)... On aurait pû (tout aussi bien !!?) choisir de montrer plutôt la photo d’un délinquant « en col blanc » !!!

Il est décidé de travailler à la mise en place d’une soirée d’information à destination du public le plus large, qui pourrait se tenir le Jeudi 7 Avril à 19 heures, peut-être dans les locaux de l’EES. Cette soirée visera à permettre de maintenir la mobilisation et la réflexion sur les liens à faire entre précarisation, criminalisation de la pauvreté et évolution sécuritariste. Le nom de Loic Wacquant (sociologue auteur d’un livre récent : « Punir les pauvres ») est avancé. Il sera important de s’associer aux enseignants et aux parents, ainsi qu’au syndicat de la Magistrature et au SAF, dans l’organisation de ce débat.

Pour le collectif : Jacky Dumoulin, SUD santé Sociaux Nord Pas de Calais Tel perso : 03 20 79 09 16