Demain une société de contrôle... (2)

Collectif toulousain « Résistance à la délation »

mardi 16 novembre 2004, par Collectif toulousain


Nous sommes tous susceptibles, dans nos vies quotidiennes, de nous adresser à un de ces professionnels : Enseignants, médecins, infirmiers, puéricultrices, aides soignants, assistants de services sociaux, éducateurs, animateurs, psychologues, psychiatres, orthophonistes, aides ménagères, etc.

Or, tous ces métiers de l’aide à la personne sont soumis à un nouveau projet de loi de « prévention de la délinquance » qui devrait être présenté au parlement cet hiver et au printemps.

DEMAIN

« Tout professionnel intervenant au titre de l’action éducative, sociale ou préventive est tenu d’informer le maire [...] de l’action entreprise [...]. » art. 23 du Projet de loi version n°8

Aussi, toutes les informations concernant
-  les personnes qui rencontrent des difficultés financières,
-  les personnes divorcées,
-  les familles monoparentales,
-  les personnes en difficultés scolaires,
-  les personnes en situation de chômage,
-  les bénéficiaires du RMI,
-  les bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé,
-  les patients de psychiatres, de psychologues, de médecins et spécialistes,... devront être communiquées au Maire dans le cadre de cette loi pour prévenir la délinquance. Ces situation font-elles de nous des délinquants ? Avec cette loi, tout citoyen peut être soumis au contrôle du maire et être qualifié de délinquant potentiel.

Sous couvert de prévention, cette loi sonne la fin du travail social, médico-social, et éducatif en supprimant ses valeurs éthiques et déontologiques. Dès lors, aucun des professionnels cités ne pourra, sans désobéir à la loi, vous garantir la confidentialité des informations personnelles qui nous concernent. C’est la fin de l’intimité des personnes et la systématisation du contrôle au nom du partage de l’information avec le maire, défini par la loi comme « le pilote en matière d’animation et de coordination de la prévention de la délinquance ».

* Nous citoyens, parents, professionnels, refusons l’obligation de délation qui anéantit toute politique de prévention et d’accompagnement des personnes.

* Nous dénonçons tout amalgame entre le champ du social, de l’éducatif, de la santé et le champ répressif et sécuritaire.

* NOUS EXIGEONS LE RETRAIT IMMEDIAT DE CE PROJET DE LOI.

SIGNEZ LA PETITION ! disponible sur www.abri.org/antidelation

Journée nationale d’action MARDI 14 DECEMBRE 2004

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FICHAGE DE LA POPULATION ? CA PEUT VOUS ARRIVER...

VITRY-LE-FRANÇOIS : UN DANGEREUX LABORATOIRE

Comme méthode de travail, le ministre de l’Intérieur veut s’appuyer sur les quartiers identifiés comme les plus criminogènes par son prédécesseur, Nicolas Sarkozy. Ces 23 quartiers sous surveillance constituent autant de laboratoires de quadrillage sécuritaire.

A VITRY LE FRANCOIS (Marne) c’est la ville entière qui est devenue « site pilote » à l’initiative du Conseil Général, du Maire et de la Préfecture. Ainsi, les salariés du champ social ont été sommés par le Conseil Général de renseigner des fiches d’éléments confidentiels concernant les personnes rencontrées dans leur cadre professionnel.

Ces fiches nominatives, répertorient des informations sur la composition du foyer, le logement, les ressources financières, l’éducation des enfants, l’alcoolisme, la toxicomanie, le couple, la santé mentale, la « marginalité » des enfants et des adultes et les réponses apportées !

Après la manifestation nationale début juin, le Président du Conseil Général s’était engagé à détruire les fiches. Mais, sous couvert de « diagnostic social et médical », une réunion a été convoquée fin juin afin de remplir de nouvelles fiches du même type. Et les structures refusant de participer se sont vu menacées, de façon à peine voilée, de coupes budgétaires.

Ce fichage nominatif généralisé, portant atteinte à la vie privée des citoyens, est illégal.

Ce projet propose des réponses sécuritaires et stigmatise les plus pauvres, alors que seuls des choix politiques et économiques différents peuvent apporter une réponse réelle. Refusons ces politiques sécuritaires et l’instrumentalisation du social.

PLUS QUE JAMAIS LA RESISTANCE A LA DELATION INSTITUTIONNALISEE EST A L’ORDRE DU JOUR.

30 juin 2004

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Prochaine réunion plénière du collectif toulousain

Lundi 219 novembre 2004 - 20h00 - Bourse du Travail (pl. St. Sernin)

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Pour toute information (prochaines réunions, initiatives,...) Site internet : www.abri.org/antidelation - Boite vocale : 05.34.44.50.32

Pour joindre le collectif toulousain (courriel) : antidelation.tlse abri.org

NE PAS JETER SUR LA VOIE PUBILQUE !

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