D’UN JEAN-MARIE À L’AUTRE...

Communiqué concernant le rapport Bockel

mardi 12 avril 2011, par Collectif toulousain


A l’instar des textes qui l’ont précédé, le rapport de Jean-Marie Bockel sur la prévention de la délinquance des jeunes apparait comme un ensemble de clichés stigmatisant à nouveau les populations en situation de précarité.

Sans analyse aucune, ce texte part du postulat que la délinquance des jeunes est largement favorisée par le délitement des valeurs familiales traditionnelles mis notamment en exergue par la perte de la place et de l’autorité du père. Ce semblant de constats vise en particulier les familles issues de l’immigration, les familles monoparentales et/ou encore rencontrant des difficultés sociales et économiques. L’axe majeur et unique de ce texte est le traitement de la délinquance. Nous notons qu’à aucun moment la délinquance dite en « col blanc » n’est évoquée. Par conséquent, dans son ensemble ce texte apparaît définitif et enfermant.

Au final, une fois de plus ce rapport met de coté les dimensions collectives et sociétales des causes de la délinquance pour ne mettre en lumière que la responsabilité individuelle.

Aussi, celui-ci propose un retour à un paternalisme déjà latent comme étant un des éléments essentiels d’une réponse à la délinquance des jeunes. Il prône le rétablissement parental républicain et souhaite la mise en oeuvre d’un coaching parental.

Par ailleurs, en reprenant l’esprit de la loi de prévention de la délinquance du 5 mars 2007, il amalgame ostensiblement prévention et répression, difficultés sociales et délinquance et fait de la jeunesse un danger potentiel. De plus, il remet au goût du jour les culpabilisants Conseil du Droit et Devoir des Familles (CDDF). Le travail social y est ainsi considéré comme un agent de la sûreté et de la sécurité publique au service de la reconquête des quartiers en facilitant le contrôle social. A ce titre, « la mission en appelle à un retour des éducateurs sur la voie publique, au contact direct des jeunes et ce dans un objectif de reconquête des territoires ». Les termes employés dans ce texte font référence à une démarche « guerrière » en opposition avec une réelle proposition de prévention.

Ce rapport qui vient s’ajouter à un empilement de lois liberticides apparaît comme un nouvel aveu d’échec des politiques sécuritaires mises en place par les différents gouvernements successifs.

La première des insécurités est l’insécurité sociale. Même si ce texte n’est pour l’instant qu’un rapport, il n’en reste pas moins dangereux et source d’inspiration pour ceux qui nous gouvernent.

Le collectif Toulousain Résistance à la Délation

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