Contrôle, fichage, délation, la nouvelle loi ne passera pas !

samedi 29 avril 2006, par Sophie.L

Collectif pour la Défense des libertés Fondamentales, Collectif 76 des salariés du Secteur Social et Médico-Social.


Le gouvernement veut développer une politique de sécurité plus ambitieuse qui implique que les forces de sécurité et les travailleurs sociaux « travaillent plus étroitement ». D’où le projet de loi de prévention de la délinquance, qui doit être débattu dans les prochaines semaines au parlement.

NOUS SOMMES TOUS CONCERNES !

Nous sommes tous susceptibles, dans nos vies quotidiennes, de nous adresser à des professionnels du social et du médico-social.

Sous couvert de « prévention », cette loi sonne la fin du travail social, médico-social et éducatif, en supprimant ses valeurs éthiques et déontologiques de respect de la personne, en obligeant les intervenants sociaux à être des auxiliaires de police. Tout citoyen est susceptible d’être soumis au contrôle du maire et fiché en tant que délinquant potentiel.

C’est la fin de l’intimité des personnes, la systématisation du contrôle, au nom du partage de l’information, avec le maire promu « shérif » de sa commune, et également avec les services de police. Le projet de loi ne comporte aucune mesure pour remédier aux causes économiques et sociales de la délinquance, pas plus qu’il n’octroie au maire de moyens en matière d’action sociale. Il s’agit uniquement de contrôle des populations fragilisées, et précaires.

Le projet de loi de prévention de la délinquance, préparé par le ministère de l’intérieur est déjà expérimenté dans 23 quartiers dits criminogènes.

Partant du principe que toutes les personnes en difficultés sont des délinquants potentiels, et rejetant par la même la prise en compte des situations économiques et sociales des personnes, il prévoit :

- l’abrogation du secret professionnel en obligeant les travailleurs sociaux, enseignants et personnels de santé à signaler au maire toutes personnes présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles, sous peine de sanctions.

- des sanctions pénales, des retraits de prestations sociales et des stages payants « d’aide à la parentalité » dans le cadre de la lutte contre l’absentéisme scolaire.

- la mise en place de systèmes de vidéo-surveillance dans les établissements scolaires et les immeubles. L’installation de policiers référents dans chaque école mais aussi de travailleurs sociaux dans les commissariats.

- des interventions de policiers et de magistrats dans les IUFM et les écoles de travailleurs sociaux.

Nous, citoyens, parents, professionnels :

- dénonçons l’amalgame entre le champ social, éducatif, sanitaire, et le champ répressif et sécuritaire.

- refusons l’obligation de délation qui rend impossible toute politique de vraie prévention et d’accompagnement des personnes. La résistance à ce projet doit s’élargir, au-delà des professionnels concernés, à tous ceux qui refusent une société policière. Nous exigeons le retrait du projet de loi de « prévention de la délinquance ».

Venez en débattre le jeudi 11 mai à 20h salle du conseil général, entrée face au 2 rue Saint Sever à Rouen

Documents joints