Conseil général : des « fiches » mais pas des « fichiers » pour Vitry

L’Union du 30 mai 2004

dimanche 30 mai 2004, par Emmanuel


Réuni en session à Châlons-en-Champagne, le conseil général de la Marne a débattu du diagnostic social effectué à Vitry-le-François (lire l’union de vendredi). Dans les rangs de l’opposition, Jean-Pierre Bouquet (PS, conseiller général de Saint-Rémy-en-Bouzemont) avait dénoncé « le fichage généralisé des Vitryats dans la difficulté » dans lequel il voit « un excès de pouvoir ». L’élu avait ensuite demandé la création d’une « mission d’information et d’évaluation ayant pour objet unique d’analyser les dysfonctionnements qui ont conduit à cette situation ». Une initiative prévue par le règlement intérieur de l’assemblée départementale. Le président du conseil, René-Paul Savary (UMP, Sézanne) a contesté cette analyse. « Il n’y a pas de fichier, mais des fiches de travail qui doivent permettre d’établir le diagnostic social que nous voulons porter sur le secteur de Vitry. Nous voulons faire un grand pôle social et nous continuerons, dans le respect de la déontologie ». La création de la mission d’information a été soumise au vote vendredi. Elle a été rejetée par 27 voix contre et 13 pour (pour 44 votants). Dans un communiqué, M. Savary a tenu a exprimé sa position sur « l’affaire dite des fichiers de Vitry-le-François », comme l’a nommé un élu. Il s’agit selon M. Savary « de mettre en ?uvre une véritable politique de prévention et d’améliorer la situation actuelle ». « La démarche retenue envisage d’établir un diagnostic concerté sur les quartiers de Vitry, afin de proposer des actions concertées dans un souci d’efficacité et pour apporter une meilleure réponse aux problématiques identifiées. En sa qualité d’acteur social principal, il a été suggéré que le conseil général soit le coordonnateur de l’information détenue par les autres acteurs : CAF, CCAS, bailleurs sociaux, Éducation nationale, associations. L’approche nominative est un moyen et non une fin. Ce travail de diagnostic n’a rien à voir avec la proposition du projet de loi pour la prévention de la délinquance. [.] L’action porte sur une évaluation des situations individuelles [.] la restitution des informations devant s’effectuer de façon anonyme. Il n’a jamais été question de constituer « un fichier » au sens où l’entend la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés ». A Vitry, la fronde des travailleurs sociaux contre ce projet se poursuit. L’intersyndicale a lancé une pétition, « pour la défense de la prévention, non à la délation en matière de travail social ». Une manifestation nationale des assistantes sociales est prévue la semaine prochaine. Richard Cremonini