Compte-rendu de la réunion du collectif des travailleurs sociaux et étudiants de l’orne du 14 février 2006

lundi 20 février 2006


D’autres témoignages concernant les dérives actuelles ont été apportés par les travailleurs sociaux présents :

Depuis le transfert du FSL au département, les travailleurs sociaux des différents services ayant effectué une demande pour une personne ont connaissance de l’ensemble des dossiers examinés en commission à travers la liste nominative qui leur est transmise. Par ailleurs, en cas d’impayé de facture EDF, « le FSL logement informe le maire de la commune de résidence du demandeur du dépôt d’un dossier, afin que, le cas échéant, une étude de sa situation soit effectuée. » ( par qui ? )

Enfin, depuis l’an dernier, la caisse primaire d’assurance maladie transmettrait le nom des bénéficiaires de la CMU à EDF.

Ces différents témoignages confirment une remise en cause du secret professionnel et l’atteinte de plus en plus grande à la vie privée des personnes.

Concernant l’attribution d’aides financières, les travailleurs sociaux indiquent que leur évaluation des situations n’est plus prise en compte, le seul critère retenu étant le quotient familial.

Dans le projet de loi dit « pour l’égalité des chances », présenté au conseil des ministres le 11 janvier dernier, une des propositions vise à créer « un contrat de responsabilité parentale » en cas « d’absentéisme scolaire, de troubles portés au fonctionnement d’un établissement scolaire ou de tout autre difficulté liée à une carence de l’autorité parentale » ( titre III - article 22 ). En cas de non respect des obligations fixées dans le contrat, le président du conseil général peut demander la suspension du versement des prestations familiales ou saisir l’autorité judiciaire en vue de l’application d’une contravention. Loin d’apporter une solution aux problèmes auxquels il serait censé répondre, ce pseudo contrat fait peser des contraintes supplémentaires sur les familles jugées une fois de plus seules responsables de leur difficultés. Il s’inscrit dans une logique sécuritaire qui vise à surveiller et à pénaliser des populations en difficulté considérées comme dangereuses. Ce projet de loi remet en cause la notion de contrat en travail social et dénature l’action des travailleurs sociaux. ( A lire, Le « contrat de responsabilité parentale » : un pseudo contrat contre le travail social ? disponible sur le site de l’ANAS).

Les décisions prises

- Participation à la journée nationale d’action organisée par le collectif national unitaire le 22 mars prochain. Location d’un car de 50 places pour se rendre à la manifestation prévue à Paris. (coût prévisionnel environ 600 euros)

- Préparation d’un tract appelant à la mobilisation pour la journée du 22 mars et distribution à la prochaine manifestation contre le CPE, qui aura lieu le 7 mars prochain à Alençon (rendez-vous à 15 heures à la pyramide).

- Organisation d’une soirée débat à partir du film « les enfants du big bang » de Marie Frapin, le 6 ou le 13 avril prochain. (coût prévisionnel 250 euros plus location de la salle Beaudelaire).

- Invitation d’un membre du syndicat de la magistrature lors de la réunion du collectif d’avril.

- Continuer à interpeller tous les employeurs sur les politiques liberticides et projets actuels.

- Informer l’ensemble du personnel de l’éducation nationale par le biais des bulletins syndicaux.

Prochaine réunion du collectif le 7 mars à 18 heures - maison des associations rue étoupée à Alençon.