Communiqué du SNMPMI

dimanche 23 janvier 2005

Syndicat National des Médecins de Protection Maternelle et Infantile (S.N.M.P.M.I.)


Nous avons pris connaissance du rapport de monsieur BENISTI président de la commission prévention du groupe d’étude sur la sécurité intérieure au parlement. Il confirme toutes les craintes que nous avons notées depuis un an à propos du projet de loi de prévention de la délinquance. Remise en cause des fondements de notre éthique professionnelle basée sur le respect de la personne et de ses droits - stigmatisation de certaines populations comme potentiellement délinquantes - risque majeur d’évolution de nos missions vers un contrôle social renforcé .communiqué du 6 mars 2004.

Dans ce rapport une courbe de la déviance commençant dès la naissance prétend illustrer l’évolution naturelle d’un jeune vers le grand banditisme. Un stupéfiant déterminisme, élève au rang de facteurs de risque inéluctable certaines situations sociales si la puissance publique n’intervient pas. C’est ainsi qu’avec consternation nous apprenons sans qu’aucune démonstration soit faite que la langue maternelle étrangère d’un enfant constitue un facteur de risque de déviance, Cette affirmation constitue une contre-vérité scientifique, de nombreuses études montrent l’intérêt que constitue le bilinguisme pour un jeune enfant et à l’évidence la langue que parle une mère constitue le meilleur vecteur pour des échanges affectifs, émotionnels, sécurisant pour l’étayage psychique de son bébé.

Les dispositions concernant le secret professionnel garantie essentielle pour une relation de confiance avec les usagers sont directement menacées : Tout ce dispositif se mettrait en place en lien avec le maire déclaré pivot de la coordination et de la circulation d’informations, et le rapport préconise de modifier les règles du secret en établissant une culture du secret partagé.

Le contrôle des populations et l’utilisation des services sociaux, éducatifs ou médicaux sous-tendent l’ensemble du reste du rapport. Ces conceptions sont à l’opposé des valeurs de travail que nous défendons pour le respect de la vie privée des familles et constituent une atteinte aux libertés publiques.

En conséquence le SNMPMI s’associe dans le cadre du collectif national unitaire à la journée du 3 février 2005 .

PARIS LE 19 janvier 2005

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