Communiqué de Presse

Collectif du Gard

mercredi 17 novembre 2004


Nîmes le 8 novembre 2004

Communiqué de presse :

A l’occasion de la visite du Président de la République à Nîmes, le Collectif de Résistance à la Société Sécuritaire (CRSS) a été reçu ce jour par un conseiller du Ministre de l’Intérieur.

Nous l’avons interpellé sur l’avant-projet de loi relatif à la prévention de la délinquance et lui avons remis plus de 1300 pétitions de gardois qui demandent le retrait de ce texte. Nous avons fait part de nos inquiétudes sur le « ciblage » et la stigmatisation d’une partie de la population et la conception de ce texte qui voit derrière toute personne en difficulté un délinquant potentiel. A ce titre, ce projet de loi est plus tourné vers le sécuritaire et le répressif que vers l’éducatif et la prévention, ce que nous avons dénoncé. De même avons-nous rappelé notre opposition résolue à une disposition qui prévoit que tout professionnel en contact avec ces populations devrait signaler, au Maire de la commune de résidence, les coordonnées et la nature des difficultés des personnes concernées. Ceci s’apparente à de la délation et remet en cause le secret professionnel garant des libertés individuelles et d’un travail de qualité. Nous avons aussi dénoncé le manque de transparence et de concertation qui a prévalu tant à l’élaboration du texte qu’au calendrier qui en découle (présentation au conseil des Ministre ? au Parlement ?...) En retour, le conseiller de Monsieur De Villepin a confirmé que cet avant projet de loi, concernant plusieurs Ministères ( Intérieur - Justice - Cohésion Sociale ), pourrait être présenté officiellement d’ici la fin de l’année, éventuellement sous la responsabilité du Premier Ministre. Tout en tentant de nous rassurer, sur la disposition concernant le « secret partagé » qui ne figurerait plus dans la dernière mouture du texte, le discours énoncé quant au concept de prévention reste ancré dans une volonté répressive et sécuritaire. Cela étant, le discours du Président de la République, quelques heures après cette entrevue, évoquant dans le cadre de la prévention de la délinquance la présence de travailleurs sociaux dans les commissariats, nous incite à rester vigilants et mobilisés.