Collectifs Anti délation 21 et 71 Manif réussie ! ( partiellement !)

jeudi 23 mars 2006

Plus de 200 Manifestant ont bloqués la rue la préfecture pendant deux heures !


200 manifestant dont une majorité d’étudiants en travail social, des professionnels de certains secteurs de l’éducation et de l’action sociale, plus ou moins liés aux questions de préventions ou de protection de l’enfance ont répondus présents à l’appel du collectif national unitaire porté par les colectifs antidélation 21 et 71, sous la pluie chicanière de ce 22 mars.

C’est assez significatif pour être souligné !

(Bon, d’accord, c’est pas non plus la prise du Palais d’Hiver ! mais quand même !)

Inutile de revenir sur l’ensemble des questions et revendications qui ont été soulevées avant et durant la mobilisation. Elles sont désormais suffisamment évoquées sur ce site depuis trois ans.

Il faut également l’avouer, le « providentiel » rapport de l’Inserm et ses positions scientistes, comportementalistes et normatives, a fait plus de bruit dans le microcosme médiatique que trois ans de mobilisation de nos collectifs...Comme quoi d’un mal peut sortir un bien. Il y a là matière à réflexion en ce qui concerne la force du discours et surtout l’impact dans les réseaux de communications (à maîtriser) pour être entendu dans cette prétendue « démocratie » !

A l’heure où nous rendons compte de la mobilisation nous n’avons pas d’éléments précis au plan national pour évaluer l’ampleur de la mobilisation. D’ici quelques jours le collectif unitaire aura fait les comptes et nous verrons les suites à donner au mouvement pour qu’il s’amplifie, gagne d’autres sphères d’opinions et d’autres personnes.

Comme nous l’indiquions au sortir de l’entrevue avec le secrétariat du cabinet préfectoral, nos revendications seront transmises au ministère de l’intérieur, ainsi que le nombre de manifestants au cour de cette grève. (150 selon la préfecture). Pendant l’entrevue, nous avons jugé nécessaire d’étendre les sujets d’inquiétude et d’oppositions à des dossiers moins souvent évoqués tel que :

la situation des « jeunes majeurs » pour lesquels les budgets de la justice viennent de se tarir brutalement(Evidemment construire des Etablissements Pénitentiaires pour mineurs ça coûte !)

Les mineurs isolés et la politique extrême, agressive et « communicationnelle » de l’Intérieur (voir affaire du jeune lycéen de Dijon interpellé et immédiatement transféré à Lyon en centre de rétention administratif)

Enfin la jonction du dossier Prévention/délinquance, et celui des lois sur l’« égalité de chances » (on ne rit pas, c’est glauque !)dont les CPE et CNE sont une des traductions en matière de droit du travail !

Notre propos à donc élargi le domaine de la lutte à un climat de tension social qui dit bien la violence et donc la souffrance dans laquelle de plus en plus de familles, de jeunes et de personnes isolées sont victimes par ABSENCE d’orientations politique qui leur garantissent une vie décente dans un monde social à visage humain.

Un dernier mot pour conclure.

Il faut saluer la mobilisation des dizaines de salariées et salariés, personnels et cadres (quelques uns !) de l’éducation spécialisées ou non (pas beaucoup d’enseignants !?, des assistants de services sociaux (CAF, CG21, etc.). Mais il faut surtout souligner et se féliciter de voir à quel point les étudiantes et étudiants des différentes formations en travail social ont répondus massivement à l’appel !!!

De quoi faire taire les vieilles barbes bougonneuses et les biques bêlantes qui se plaignent de voir la jeunesse se détourner de la réflexion critique, de la mobilisation (souvent joyeuse et tapageuse !) et parfois de l’engagement politique (on n’a pas dit partisan !!!)

Depuis des semaines dans les campus et les lycées, sans oublier dans les quartiers où l’on nous fait croire qu’il n’y aurait que des « casseurs analphabètes et violents » et depuis trois ans dans notre collectif, la jeunesse montre que la vigueur bouillonnante de son sang vif est toujours prête à déborder la sagesse (souvent soumission déguisée) des aînés, plus résignés à payer par leurs silences, le prix d’un confort individualiste nécrosant !

Il faudra bien également admettre que des leçons sont à tirer de ce que la diffusion d’informations, la réflexion critique, l’engagement, souffrent aujourd’hui d’une certaine désaffection dans le travail social.

Ces éléments en ont pourtant été longtemps l’un des traits, évitant une totale instrumentalisation gestionnaire des masses exclues du mirage économique dont on sait bien qu’il leur échappe depuis toujours car il n’est pas fait pour tous !

Il faudra bien, à commencer par les lieux de formations, qu’au lieu de diffuser, sans les dévoiler ni les assumer comme telles, des pensée politiques, des idées sur les « rôles sociaux » et autres « stratégies d’acteurs », on se demande à quel rôle on s’identifie soit-même (urgentiste ? professeur ? scientifique objectivement neutre et au dessus de la mêlée ? exécutant de « commandes » sociales ?) pour éluder/éviter l’instauration de débats contradictoires, critiques, et donc féconds.!

Il faudra bien ouvrir des espaces ouverts aux vents de la contradiction et de la critique, où chacun, en citoyen professionnel « éclairé » (comme aurait dit Voltaire !)pourrait s’instituer « travailleur social » et se savoir travaillé par le social, autrement que soumis à ses logiques aveugles et inconscientes car dissimulées !

On sortirait alors peut-être de l’incantatoire « Visée Ethique » dont le moralisme n’est qu’un couvre feu idéologique propre à normer les conduites professionnelles et donc à brider la possibilité de pensées et d’actions libres et assumées c’est à dire : Responsables !

Si toutefois, dans ce que cette république à rêvé au sortir de la guerre, il reste encore des femmes et des hommes assez libres pour s’y autoriser.

A bientôt pour donner suite et dates aux mouvement de vigilance et de mobilisation !