CONTRE LA DELATION, SOLIDARITE DE CLASSE

communiqué CNT-AIT

vendredi 4 juin 2004


En obligeant les travailleurs du social, de l’éducation et des services sociaux, de santé à informer le maire et/ou la police sur les personnes qu’ils accueillent, le projet de loi de « prévention de la délinquance » (loi dite Sarkozy) renforcent le contrôle social déjà institué et stigmatise encore les populations opprimées.

Classe laborieuses, classe dangereuses, Classe exploitée,classe surveillée

Une formation « formatant », des contrats précaires, une hiérarchie pesante ne suffisent plus pour tenir les troupes des soldats du social ? Le gouvernement veut instituer l’aire de la collaboration. Le pouvoir a déjà décidé de porter ses attaques contre les populations les plus précarisées  : sans-papiers en les expulsant, sans domicile fixes, en leur rendant la survie impossible, gens du voyage en réquisitionnant leur véhicule, et RMIstes avec le RMA, chômeurs en réduisant durée et montant des allocations ?Et parallèlement, l’Etat construit des prisons pour enfermer ceux quitenteront de survivre comme ils peuvent.

Mais pour bien faire il a besoin de saper les quelques «  dysfonctionnements » de son système d’exclusion :

- les financements et subventions, tels des épées de Damoclès, ne sauront allouées qu’aux organismes et associations montrant la patte blanche du contrôle social et des prestations de service rentables.

- les lieux d’accueil, d’écoute et d’aide pratiquant l’anonymat et la libre adhésion pour leurs usagers (prévention spécialisée, halte de jour, associations diverses ?) devront devenir des annexes de la mairie et du commissariat.Pour maintenir leurs privilèges, patrons et politiciens doivent pérenniserl’inégalité et empêcher la solidarité.

Etat et patronat même combat : maintenir un système de profit, d’exploitation etd’exclusion.

La gauche avait préparée le terrain et depuis longtemps, avec ses lois (exemples : lois Jospin/Chevènement relative aux sans-papiers) mais aussi en jouant le jeu du discours sécuritaire ; le cycle infernal du capitalisme se poursuit avec la droite et sa faculté à ne pas mettre de gants. Comment s’étonner d’une délinquance visible quand tout est fait pour la provoquer et maintenir les inégalités sociales ? Comment cautionner une délinquance criminelle moins visible (accidents du travail, détournement de fonds publics ?) en continuant à voter pour nos maîtres, plutôt que de s’en passer ?

L’insécurité c’est le capitalisme et l’Etat, quelque qu’il soit, en est son garant. Les partis politiques et les syndicats réformistes ne sont que de courroies de transmission au service d’un même système qui nie toute autonomie et altère l’entre aide. Nous avons bien vu leur capacité à éteindre les mouvements sociaux lorsque la mobilisation met en danger leur règle du jeu. Ils perdraient ce que le peuple gagne à son autonomie.

Chômeurs, travailleurs, du social ou d’ailleurs, révoltons nous !

Tout comme le travailleur de la métallurgie fabricant les pièces métalliques engraisse son patron, le travailleur du social avec ses actions contribuant à la paix sociale renforce l’Etat. Ces contradictions sont inévitables quand il s’agit de « gagner » nos salaires pour vivre, même lorsque l’on profite au maximum des espaces de liberté nous permettant de faire du « bon boulot », d’aider vraiment quelqu’un ou d’ ?uvrer à la conscientisation. Mais ces contradictions ne peuvent être surpassées qu’en s’organisant ensemble, à la base, travailleurs manuels, ouvriers du social chômeurs et autres « délinquants sociaux ».

Travailleurs du social, nous en avons marre de « faire remonter » les problèmes sans que rien ne change. « Usagers » des services sociaux, nous en avons marre de vivre avec des miettes.

Y’en a marre de quémander, supplier, demander, s’user.

Prenons ce qui nous revient, prenons nos vies en main.

Seule l’entraide et l’organisation nous permettrons de construire un autre futur.

CNT AIT (secteur Social) 7 rue St rémésy 31000 TOULOUSE

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