COMPTE RENDU DE LA RENCONTRE ENTRE LA DELEGATION DU COLLECTIF GIRONDIN AVEC M. BOUABANE CHEF DE CABINET DU PREFET DE REGION AQUITAINE

Lors de la manifestation du 21 avril

dimanche 2 mai 2004, par Emmanuel


Délégations du collectif : SUD - FSU - CFDT - FO - CGT

Les échanges ont eu lieu entre 11h45 et 13h. Le directeur de cabinet a reçu la délégation en interpellant ses membres sur le fait que la mobilisation était moindre en rapport à celle qui avait été observée le 17 mars 04. Ce dernier a ensuite donné la parole aux représentants des organisations syndicales, tout en précisant que si nous attendions de lui qu’il nous annonce le retrait du texte, il n’était pas missionné pour nous annoncer cela.

Les membres de la délégation se sont exprimés à tour de rôle, posant en préambule le fait que la coordination des travailleurs sociaux en lutte 33 fédérait le mouvement et que chacun s’exprimait au titre de son organisation, mais également au nom du collectif unitaire. Il a été rappelé avec insistance au chef de cabinet du préfet que la coordination était prévue dans la délégation mais que celle-ci avait été refoulée dans la mesure seulement 5 personne pouvait accéder à l’espace de parole qui nous été proposé. Face au blocage qui nous était opposé, c’est la personne représentant la coordination qui s’est retirée. Les interventions ont été complémentaires abordant successivement la question du secret professionnel, de la vidéo surveillance, la confusion entre prévention et répression, le rôle des maires, l’irrespect de cet appel à la délation alors que la loi du 2 janvier 02 sur le droit des usagers,... M. Bouabane nous a ensuite confirmé, non sans ironie, que nous avions frappé à la bonne porte puisque les questions que nous posions étaient dans le champs des compétences du préfet, compétences partagées pour certaines avec le président du conseil général.

Il a ensuite pris longuement la parole pour nous dire qu’un changement de gouvernement s’était produit et que ceux-ci étaient plus que significatifs, ce que les médiats n’avaient pas suffisamment relayé. (Tiens, tiens.) Il a commenté la nomination remarquée de Jean-Louis Borloo dont le ministère est celui qui connaît le moins de restrictions budgétaires, selon lui, « le logement et le social ne sont sommes toutes pas aussi éloigné que cela ». Nous lui avons rappelé que nous n’étions pas venu pour évoquer la politique du logement même si nous pouvions lui démontrer que nous détenions des informations et des éléments contradictoires.

(Borloo serait-il mis en avant comme caution morale du gouvernement Raffarin 3 ?) Ce recentrant sur le sujet du projet de loi il nous a confirmé l’existence de cet avant-projet de loi, connaissant l’un des rédacteurs du texte. Il a évoqué le fait que ce texte n’était qu’un chantier ouvert et qu’il existait des « espaces de possible pour le débat, pour certaines notions, rien n’étant définitivement figé » Selon lui, contrairement à ce que nous lui avions renvoyé, l’objectif n’est pas d’exclure au contraire. « Il faut pourtant faire mieux », M. Bouabane disant qu’après des décennies de prévention qui avait échoué massivement, il était temps de passer à autre chose. Nous lui avons rétorqué que le répressif bénéficiait de moyens qui n’avaient jamais étés attribués à la prévention et qu’à ce titre le secteur n’avait jamais été doté de moyen lui permettant de « réussir ». A lui d’évoquer le bilan du ministère de l’intérieur en matière de délinquance, en utilisant le « on » lorsqu’il s’agissait de parler du gouvernement. (Au moins cela avait le mérite d’être clair, nous savions à qui nous avions à faire). Toujours selon ce chef de cabinet, l’objectif du projet de loi est d’améliorer la circulation des informations de sorte d’optimiser les réseaux d’information ce qui permettra inévitablement de lutter encore plus efficacement contre la délinquance.

A nouveau nous sommes intervenus parfois de façon vive et délibérément brusque, pour stopper la plaidoirie en faveur du bilan gouvernemental. Nous avions face à nous un mur politique, convaincu du bien fondé de ce projet de loi. Nous avons attiré son attention sur le risque d’aboutir à un effet contre productif de ces mesures en terme de violence et de ressentiment à l’égard de la société. Les travailleurs sociaux restent à ce jour parmi les seuls à représenter la loi et offrir des espaces de dialogue et d’ouverture pour les populations en difficulté.

Nous avons signifié que nous ne voulions pas de négociations autour d’un tel texte, c’est son retrait pur et simple que nous étions venu réclamer, de plus le secteur social devait être doté de moyens importants pour effectuer un réel travail de prévention dans le respect des règles éthiques et déontologiques de nos professions. L’autisme du gouvernement aux mouvements sociaux se paierait très cher.

En fin d’entretien, tout en nous raccompagnant, M. Bouabane nous a interrogé sur la situation sociale en particulier celle des « travailleurs pauvres ». L’objectif de cette question nous est apparu obscur, ce qui nous a amené à rester réservés dans nos réponses.