COLLECTIF REGIONAL UNITAIRE nord pas de calais

Contre l’avant-projet de loi Sarkosy sur la prévention de la délinquance et les lois attentatoires aux libertés.

jeudi 29 avril 2004, par Emmanuel


LA LUTTE CONTINUE !

MERCREDI 21 AVRIL : 200 PERSONNES RASSEMBLEES À LILLE, D’ABORD DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE, PUIS DEVANT LA DDASS.

Cette action prenait place dans le cadre de la journée nationale d’action, à laquelle appelait le collectif national unitaire.

A Lille, cette journée revêtait une actualité particulière : . Avec l’envoi par la DDASS, le 9 Mars dernier, d’un courrier aux directeurs des centres d’hébergement et de réinsertion sociale, leur demandant, (dans le cadre d’un travail en lien avec la préfecture sur les étrangers en situation irrégulière), de faire parvenir, pour le 5 de chaque mois, la liste complète des personnes hébergées avec nom, prénom, date de naissance et nationalité. . Avec la mise en garde à vue, le 6 Avril dernier, par la Police de l’air et des frontières, d’Olivier PIRA, éducateur spécialisé au Service du droit des jeunes (ADNSEA), sous prétexte de s’être rendu coupable, dans le cadre de son exercice professionnel, d’ « aide au séjour illégal d’un étranger en France ».

En cette période de vacances scolaires pour notre région, 200 personnes ont manifesté leur refus d’une instrumentalisation accrue du travail social. Les délégations reçues par le procureur, puis par la directrice de la DDASS, ont exprimé notre volonté de résistance contre une transformation des travailleurs sociaux en auxiliaires de police. Elles se sont trouvées en présence de 2 fonctionnaires qui affirment leur légalisme, et qui se sont engagées à « faire remonter  » nos préoccupations.

La directrice de la DDASS a affirmé avoir pris l’ initiativede son courrier, au moins en partie, suite à l’inquiétude exprimée quand à leur propre responsabilité par un certain nombre de directeurs de structures d’hébergement eux mêmes. Elle a déclaré « comprendre » nos préoccupations déontologiques et notre «  recherche de garanties ».à laquelle, elle n’a apporté aucune réponse concrète. Elle ne s’est pas prononcée sur les sanctions éventuelles encourues par les directeurs qui ne répondraient pas à sa demande.

L’entrevue avec la directrice de la DDASS, a notamment mis en lumière la situation de « gestion de la pénurie » dans laquelle se trouvent son service et notre département .Nous dénonçons cette pénurie de moyens sur le plan social et sanitaire qui ne répond absolument pas aux nombreux besoins sociaux. Nous dénonçons aussi la diminution voire la suppression des droits les plus élémentaires pour une partie en nette augmentation de la population la plus précarisee,la plus stigmatisée et maintenant la plus pénalisée (au double sens du terme). Cette négation de ses droits la pousse pour sa survie à dépendre exclusivement de l’aide sociale et d’être ainsi à la merci de tout bon delateur—. moyennant quoi se développent des pratiques qui ne sont pas absolument étrangères à une logique du type « préférence nationale »,

Nous dénonçons cette pénurie de moyens sur le plan social (illustrée, ici, par le manque criant de places en CHRS et dans les dispositifs d’hébergement d’urgence). Nous nous déclarons gravement préoccupés par les évolutions «  gestionnaires » auxquelles conduit cette pénurie, qui confortent notre conviction d’une contamination du pouvoir par les thématiques de l’extrême-droite.

Nous appelons les travailleurs sociaux, ainsi que tous les professionnels de l’aide et l’ensemble des citoyens à faire du 1er Mai 2004, un moment fort de l’expression de notre résistance à ce type de société (rassemblement à Lille, à 10h30, Porte des Postes).