CNIL et fichage à Vitry-le-François

Communiqué du collectif marnais envoyé à la presse locale.

mardi 25 octobre 2005, par Nath


Le Conseil Général de la marne a organisé entre février et juin 2004 une opération de fichage de toute personne ayant eu recours à quelque service social que ce soit dans la ville de Vitry-le-François. Cette opération de fichage rentrait dans le cadre expérimental du projet de loi de prévention de la délinquance initié par Mr Sarkozy dès 2003.

Le Collectif Marnais contre les Dérives Sécuritaires s’est créé à cette occasion et a utilisé sans relâche différents moyens de résistance dont les plus marquants ont été : une manifestation nationale à Vitry-le-François en juin 2004 et la remise du Prix Orwell le 25 mai 2005 à Mr Savary (Président du Conseil Général de la marne), décerné par les Big Brother Awards. Parallèlement, d’autres actions ont été menées, dont la saisie de la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL). En effet, la constitution illégale d’un fichier informatisé est sanctionnée par les articles L226-16 à L226-24 du code pénal.

Nous avons été informés que la CNIL a effectué un contrôle au Conseil Général et au Centre Communal d’Action Sociale de Vitry-le-François le 11 juillet dernier. Suite à ce contrôle, la CNIL déterminera, d’ici quelques semaines, les suites à donner à ce dossier.

Le collectif marnais s’en réjouit et espère que ces suites permettront de garantir à l’avenir le respect de chaque individu et des libertés individuelles au sens large. En effet, le principe d’un fichage en soi est intolérable. Qui plus est, l’amalgame entre personnes socialement en difficultés et délinquance est erroné, irrespectueux et inadmissible !"

Collectif Marnais contre les Dérives Sécuritaires


1 Message

  • > CNIL et fichage à Vitry-le-François

    9 décembre 2005 13:45, par Thierry

    Nous devrions tout autant parler de la crise française de la psychiatrie. Tenu compte que de plus en plus de personnes sont envoyées là, en CMP notamment, faute de moyens alternatifs. Par exemple, il est d’une trop grande facilité actuelle de stigmatiser par suspension les bénéficiaires du rmi pour les faire « craquer » et les envoyer là ouvrir un dossier psychiatrique. Cela fait-il avancer le bonhomme ? Je ne le pense pas tenu compte que le CMP traite des cas d’urgence, suit un public à risques.

    Il est très clair que de nombreux cas ne relèvent en rien des compétences du psychiatre. Souvent des personnes sont en maux de source plus psychologique lié aux maux et faits de société qu’à une source psychique. Toutes les conséquences pathologiques qui en résultent ne sont pas les causes, nous le savons. Autrement noté, je pense que les limites actuelles du dispositif du contrat d’insertion ne sont pas dues à la personne à faire entrer alors dans la posologie.

    Tenu compte aussi qu’avec l’évolution et la révision des chances équitables pour les personnes handicapées, cela enclinera d’avantage les travailleurs sociaux à réagir comme suit : une personne qui bénéficiera du AAH aura alors « plus de chances » d’accéder à l’emploi qu’en étant au RMI selon la situation.

    FUMISTERIE !

    Je pense qu’il est absolument urgent de réagir et de donner à comprendre que de mettre la vie des gens à la décision d’un tiers qui « suspend » ou « accorde », est une VIOLENCE VRAIE et ressentie comme telle par n’importe quel individu.

    Tenu compte qu’un dispositif d’insertion ne doit pas fonctionner dans la possible douleur. Percevoir le rmi doit s’accompagner d’un contrat, d’un accompagnement. Mais inclure la suspension c’est simplement entretenir des peurs, la peur d’être pendu.

    Pourquoi chercher toujours à notre époque des gens à pendre ? Assurément que nous voulons réaliser un projet de vie.

    Mais actuellement, la réponse n’est tout simplement pas adaptée. Relire Nietsche pour comprendre qu’on renforce la force par la force, et non par la peur, la faiblesse, la facilité.

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    Je parle de cela car la relation avec le « fichage » existe. Dans la mesure où nous comme nous ignorons quelle politique suivra, dans la mesure où le secret professionnel « n’existe plus », dans la mesure où les dossiers médicaux seront « accessibles » à des tiers et le sont actuellement, dans la mesure où soin/social/politique ne feront plus qu’un et dont la finalité tient dans une éthique qui fait bon genre sur le papier, mais dont les violences institutionnelles « de masse » ne font que commencer.

    La psychiatrie déresponsabilise actuellement « les boulettes » de nos dirigeants, la psychiatrie sert de « gentil docteur » pour endormir de nombreuses victimes suite à la torture du rejet.

    Cela me fait penser à un certain régime durant la seconde guerre.

    Cela me fait penser à l’expérience de Milgram. Pour ceux qui ne connaissent pas, une recherche sous google vous en dira plus long que moi.

    Un extrait, sachant que « la victime » (sensée représenter « le coupable »...) sur la chaise électrique « simule »... il s’agit d’une expérience pour se rendre compte qu’une personne « en fonction » est prête à sacrifier son prochain, en se rendant compte pourtant de ce qu’elle fait.

    « Aucun d’eux n’a abandonné quand l’élève hurlait de douleur . Bien sur , ce n’est pas de bon cœur qu’ils ont poussés les curseurs jusqu’à la mort simulée de l’élève attaché sur la chaise électrique . Milgram le dit lui même » J’observai un homme d’affaires équilibré et sur de lui entrer dans le laboratoire le sourire aux lèvres . En l’espace de 20 minutes , il était réduit à l’état de loque parcourue de tics, au bord de la crise de nerfs . Il tirait sans cesse sur le lobe de ses oreilles et se tordait les mains. A un moment il posa sa tête sur son poing et murmura « Oh mon dieu , qu’on arrête ! » Et pourtant il continua à exécuter toutes les instructions de l’expérience et obéit jusqu’à la fin.« Trois semaines plus tard , quand les professeurs était convoqués pour s’expliquer sur leurs comportements sadiques , il rejetaient immanquablement la faute sur l’autorité scientifique . Ils n’avaient fait qu’obéir aux ordres et rien de plus ! Ils n’avaient rien à se reprocher. »

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    Le lien avec les procédures actuelles sont évidents. Quand bien même hurler de douleur ne sert à rien et même exprimer son soulagement ne sert pas plus. Quand bien même il est impensable d’intégré dans un modèle d’insertion la déconsidération par une sanction réprouvante et stigmatisante. La personne qui souhaite s’engager ne peut faire confiance à un représentant, un référent, chargé d’insertion. Sachant que celui ci transmet son point de vue arbitraire, sachant qu’il transmet « une vie entière » à une décision tierce.

    Si le professionnel « ne fait que son travail », il n’en reste pas moins qu’en face, ce ne sont des êtres qui ne sont pas dans une fonction professionnelle. Le déséquilibre alors parait évident. Le dialogue est-il instaurable ? L’objectif est pourtant COMMUN...

    A partir de là, lorsqu’un paradoxe est visible et dépend d’un système, on peut enrayer ce paradoxe et soulager de nombreuses consciences. Nullement celles qui sont en fonction, mais aussi les autres, de l’autre côté du bureau. Ainsi, les personnes en insertion ne seront pas tenues de « lutter contre la peur d’une suspension » donc de « penser au présent » et useront de leur énergie pleinement pour « penser à l’avenir »...

    Il faut le vivre pour le comprendre... malheureusement...