Bouches du Rhone - compte-rendu du 10 octobre

mardi 17 octobre 2006, par Emmanuel


Collectif Départemental Unitaire Anti-Délation Des Bouches-du-Rhône

1) Bilan de la journée de mobilisation du 10 octobre :

Dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant la Mairie centrale. Tous les secteurs étaient présents : travailleurs sociaux du conseil général, de la PJJ, du secteur associatif, professionnels de la santé, de la psychiatrie, avocats, étudiants des différentes écoles de travailleurs sociaux, enseignants...

De nombreuses prises de parole ont eu lieu, sur le contenu du projet de loi et ses conséquences, ainsi que sous forme de témoignages.

Nous avons distribué dans la manifestation un courrier type à envoyer aux députés, argumentant la demande que nous leur faisons de ne pas voter cette loi.

Une délégation a été reçue à la mairie à 17h (voir compte rendu ci-dessous).

Nous nous sommes donné rendez-vous le lundi 23 octobre prochain, de 18h à 20h, à la bourse du travail de Marseille, pour envisager ensemble les suites à donner à notre action, avec en perspective l’organisation d’un colloque largement ouvert.

Nous lançons un appel à ceux qui, signataires de la plupart des textes sur ces questions depuis deux ans, ne sont pas toujours en mesure d’être présents aux réunions. Un effort particulier le 23/10 nous est demandé, compte tenu de l’actualité (voté au Sénat, le texte va être étudié très prochainement à l’Assemblée), et vu l’ampleur des conséquences de cette loi sur la population, ainsi que sur nos divers champs professionnels.

Sur le plan national, ce sont plus de 12 000 manifestants qui ont clamé leur opposition totale à ce projet de loi.

Une nouvelle journée nationale d’action est prévue le 18 novembre, date probable du débat à l’Assemblée. Une manifestation nationale est proposée par le collectif national unitaire.

2) Compte-rendu de l’audience à la Mairie :

6 camarades, de différents secteurs et syndicats, et 1 représentante des étudiants, ont été reçus par M. ALLEGRINI, adjoint au maire chargé des questions de sécurité.

Cette audience a mal démarré, le représentant du maire nous interrompant, prenant de haut ce que nous disions, s’inquiétant de savoir si nous avions fait la même démarche auprès du Président du conseil général (traduction : auprès de la gauche)... Il a donc fallu le remettre d’abord à sa place pour pouvoir commencer à discuter. Une telle attitude ne peut être prise que comme un mépris profond pour ce que nous représentons - syndicalement et professionnellement - et pour les idées que nous défendons. Ceci est plutôt préoccupant, de la part du représentant du premier Magistrat de la ville !

Nous avons pour notre part développé les conséquences de ce projet de loi sur les populations les plus pauvres et les plus fragiles, dans les domaines social, éducatif, thérapeutique, de prévention, de traitement des actes de délinquance... Nous avons souligné que ce projet met à mal l’essence même de nos différents métiers, ainsi que le principe de séparation des pouvoirs judiciaire et politique, le premier se trouvant directement subordonné au second. Nous avons pointé le désengagement de plus en plus grand de l’Etat pour tout ce qui relève de l’accompagnement et de la prévention.

Voici en substance ce qui nous a été répondu :

- Notre démarche auprès de la mairie est inopérante, car cette loi n’a pas été demandée par les maires, ni par leurs adjoints chargés de ces dossiers. Lui-même - et il pense que le Maire en personne aussi - pense que cette loi est « perfectible ». Cependant, quand on creuse un peu, il apparaît que le plus grand grief que ces élus font à la loi, c’est de donner « des pouvoirs énormes » (sic) au Maire... sans lui en donner les moyens...

- Ensuite, l’adjoint au maire chargé des questions de sécurité dans la seconde ville de France nous a expliqué que de toutes façons « jamais lui-même ni la municipalité ne se revendiqueraient de cette loi », que « jamais pour ce qui les concerne ils ne demanderont la suppression des prestations familiales ou la saisine du juge », que « jamais ils ne demanderont à l’éducation nationale, aux travailleurs sociaux ou aux psychiatres des renseignements sur les familles, et qu’ils ne se font d’ailleurs aucune illusion sur nos réactions dans ce cas »...

- Hallucinant ! Quand on demande à ce Monsieur pourquoi, dans ce cas, le sénateur-maire de Marseille a voté POUR cette loi au Sénat, on n’obtient pas de réponse. Rien non plus sur les raisons qui auraient poussé le gouvernement à proposer cette loi, si elle doit rester dans les tiroirs des élus, même au sein de sa propre majorité !

N’ayant pour notre part aucune illusion sur les motivations politiques qui sous-tendent ce projet de loi, nous n’en avons aucune sur le fait qu’elle sera bien appliquée.

D’ailleurs, nous sommes confortés dans nos convictions par la réaction même de l’adjoint au maire : cette façon de nier les problèmes et d’affirmer tranquillement que la municipalité de Marseille se mettrait hors la loi, illustre sa volonté de ne pas vouloir discuter sur le fond.

Cette façon de chercher à noyer le poisson est cependant pitoyable, et peu responsable de la part d’un représentant municipal.

Ceci nous conforte, s’il en était besoin, dans notre détermination à rester mobilisés pour obtenir le retrait de ce projet de loi.

Prochain rendez-vous : 23 octobre à 18h Bourse du travail. Nous comptons sur vous !