Belfort, nouveau siège de la contestation

Collectif Action Sociale 90

dimanche 13 février 2005

Belfort est une ville du Nord Est de la France marquée par son histoire militaire et industrielle. Célèbre pour son lion, celui ci a été taillé dans le roc par Frédéric Auguste Bartholdi ( créateur de la statut de la liberté) au XIX ème siècle pour rendre hommage à la résistance des belfortains face à la Prusse en 1870. Aujourd’hui à travers son Collectif Action Sociale 90 le Territoire de Belfort rejoint le mouvement national de résistance à la délation. Le jeudi 3 février 2005 s’est tenu un rassemblement (travailleurs sociaux , enseignants, usagers avec le soutien de la Ligue des Droits de l’Homme, la FSU et AC !)devant la préfecture afin de s’opposer à l’ensemble des lois sécuritaires qui nous entourent. La motion qui suit a été déposée au préfet.


MOTION

Nous sommes ici rassemblés à l’appel du Collectif Action Sociale 90, de la FSU, de la Ligue des Droits de l’Homme et de AC !, nous protestons contre des intentions, des projets et, plus généralement, une philosophie qui compromet gravement les droits des citoyens. C’est ce que la délégation vient exprimer et nous vous remettons nos diplômes pour signifier notre répugnance à exercer dans les conditions envisagées par le gouvernement.

NOUS REFUSONS Les projets Sarkozy, Perben, Villepin, sans oublier Raffarin et Chirac, qui visent à instaurer un fichage social sous le prétexte racoleur de prévenir la délinquance.

NOUS AFFIRMONS AU CONTRAIRE Que c’est d’abord la situation sociale qui créé l’insécurité et constitue le terreau de la misère sur laquelle, trop souvent éclot la délinquance, dont les plus pauvres et les plus fragiles sont toujours les premières victimes.

NOUS REFUSONS De voir sacrifier le secret professionnel des travailleurs sociaux, outil indispensable à la protection de la vie privée des usagers et à la construction d’une relation de confiance.

NOUS AFFIRMONS AU CONTRAIRE Qu’il est plus que temps de tirer les conclusions de décennies de belles paroles sur la politique sociale et sur la politique de la Ville, pour, enfin, dégager les moyens humains et financiers nécessaires.

NOUS REFUSONS De voir stigmatiser, par une commission parlementaire, les familles d’origine étrangère, dont les enfants seraient par essence des délinquants en puissance.

NOUS AFFIRMONS AU CONTRAIRE Que la France pays soi disant d’intégration se déshonorerait à renforcer les ghettos au mépris de ses valeurs les plus fondamentales.

NOUS REFUSONS La confusion des métiers : les enseignants, les éducateurs, les assistantes sociales ne sont et ne seront jamais des policiers ou des magistrats.

NOUS AFFIRMONS AU CONTRAIRE Que chacun doit remplir ses propres responsabilités dans des relations de travail claires respectueuses des prérogatives et des missions de chacun.

NOUS REFUSONS Que sous les habits neufs du XXIième siècle, on nous resserve la même soupe qu’au beau milieu du XIXième ; rappelons-nous, on disait alors : « classes laborieuses, classes dangereuses »

NOUS AFFIRMONS AU CONTRAIRE Que comme dans tous les pays d’Europe, les avancées du travail social réalisées depuis les années 1950 dans le respect des usagers, des citoyens, ont représenté l’un des progrès les plus remarquable des sociétés démocratiques.

NOUS NOUS ENGAGEONS

A combattre les discours d’exclusion et de stigmatisation des personnes les plus fragiles.

A dénoncer les parlementaires qui salissent leur mandat en écrivant, avec des formules du Café du Commerce, des aberrations dignes d’un autre temps.

A lutter contre les apprentis sorciers qui, dans les commissariats, dans les Préfectures, dans les Mairies ou les Conseils Généraux, sous couvert d’expérimentation, font voler en éclat les fondements même du travail social.