Banalité ?-repas de soutien, dimanche 13/4 à la Rotisserie pour un copain des Amandiers

jeudi 10 avril 2008, par janos


Banalité ?

Lui il habite le quartier des Amandiers, Paris XXe. Il est allé plusieurs fois aux réunions du comité de soutien à la famille de Lamine Dieng, mort dans un fourgon policier le 17 juin 2007 rue de la Bidassoa. Le 18 février dernier, suite à la confiscation de mini-motos à des petits par les flics, la tension est montée entre ces derniers et les jeunes du quartier. En début de soirée un garçon de 14 ans est coursé puis coincé sur le boulevard, vers la rue Tlemcen. Un car et 10 voitures de flics sont déjà là. La fouille est musclée. Des habitants descendent dans la rue, sortent des cafés, les flics forment une ligne, gazeuse à la main. Lui il filme le contrôle, malgré la menace d’un flic qui l’aveugle avec sa lampe torche. Le 25 février, il boit un coup pas loin. Des flics présents le 18 pénètrent dans le café, l’embrouillent sur son chien qui devrait soi-disant être muselé, demandent s’il a payé sa conso, contrôlent son identité, puis l’embarquent sous prétexte qu’il les aurait insultés. Arrivés à leur voiture rue Tlemcen, ils le bousculent puis le frappent au ventre et au visage en le relevant. Résultat : 24 h de garde-à-vue au commissariat des Orteaux, avec accusation d’ « outrage et rébellion » à la clé, et un procès le 27 mars. Classique : les flics contrôlent, humilient, cognent, puis accusent leurs cibles, question d’arrondir leurs fins de mois avec les dommages et intérêts soutirés. Et chacun rentre chez soi. L’ordre est sauf. Mais le 27 mars, au vu des contradictions présentes dans les 4 dépositions des flics et du grotesque entourant l’accusation de coups de tête qu’il aurait essayé de leur donner une fois dans la voiture, il est relaxé. Les flics n’ont pas fait appel. On souffle. C’est pas souvent que la justice va contre sa sœur la police. Cette histoire est d’une certaine façon banale. Car de toute façon la police est là pour maintenir un ordre injuste. Car les contrôles au faciès et les violences policières sont quotidiens. Les premiers touchés pouvant le prendre pour une fatalité, les autres l’ignorer. Mais cette « normalité » doit être brisée, comme l’isolement de ceux qui la subissent. En commençant pourquoi pas par de petits gestes de solidarité.

Repas de soutien pour amortir les frais d’avocat du copain !

Prix libre, dimanche 13 avril 2008, de 19h à 22h30

à la Rôtisserie, 4 rue Sainte-Marthe, métro Belleville, Paris Xe

« ceux du cendredi » - avril 2008