BENISTI répond au CNU

vendredi 11 février 2005


non non, Benisti n’a pas enlevé son rapport de son site, on peut le trouver à la fin de l’article qui indique sa remise à villepin en novembre dernier.

La lecture du texte ci-dessous est intéressante car elle semble indiquer que Mr Benisti n’est pas trés content de la pub que le CNU lui a fait et à qui il rend d’une certaine manière un hommage appuyé. La défense qu’il y présente n’en est que plus pitoyable, notamment sur la stigmatisation des familles parlant leur ’’patois’’ on va finir par croire qu’il ne l’a pas écrit. Pourtant il l’a bien écrit : seuls les parents, et en particulier la mère, ont un contact avec leurs enfants.Si ces derniers sont d’origine étrangère elles devront s’obliger à parler le Français dans leur foyer pour habituer les enfants à n’avoir que cette langue pour s’exprimer.

Pour la prise en charge des jeunes enfants qu’il préconise, Mr.Benisti oublie tout simplement qu’il propose de l’inscrire dans un plan de prévention de la délinquance sous la houlette du maire en lien avec la police via un référent unique.Quand il écrit prévention il pense surveillance,contrôle,encadrement. Cela fait toute la différence avec une véritable politique de prévention pour les enfants présentant des troubles du comportement, s’attaquant aux causes du mal-être social , s’appuyant sur des services que la politique soutenue par Mr Benisti contribue à démolir tout les jours ( voir la grande misère de la santé scolaire, de la pédo-psychiatrie, des services sociaux scolaires des surveillants etc etc...) et le recul généralisé des droits (travail, logement, santé). De toute façon,sous la plume de Mr Benisti,il y a un point commun entre son pré-rapport et l’article ci-dessous :

les fautes d’orthographe !!!!


Jacques Alain Bénisti réagit aux attaquent parues dans la presse et sur Internet à propos du pré rapport sur la prévention de la délinquance de la Commission prévention du GESI qu’il préside [1]

Le pré rapport sur la prévention de la délinquance, remis le 16 novembre dernier à la demande du Ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, a entraîné la mobilisation de plusieurs syndicats et mouvements associatifs agissant dans la mouvance libertaire et anarchiste dans la presse et sur Internet ainsi que par quelques manifestations sans grand succès. On n’en attendait pas moins de la part de ce ceux qui n’ont aucun intérêt à voir un gouvernement de droite s’atteler à régler au problème de la délinquance en France.

La précédente majorité, qui a fait la preuve de son inertie et de son laxisme dans sa politique sécuritaire, ne pouvait que réagir négativement aux propositions que le groupe parlementaire a formulé qui, bien que fermes pour certaines, seront sans nul doute beaucoup plus efficaces que les quatre derniers plans de préventions, tous avortés et classés sans suite. Pour ce collectif national unitaire - qui réunit la CGT, FSU, SUD, le syndicat de la magistrature, la coordination des étudiants du travail social, le collectif des formateurs en travail social, la ligue des droits de l’homme, etc - il est préférable de laisser la situation telle qu’elle est aujourd’hui. Les préconisations du pré rapport osent faire, en effet, état d’une prise en charge, dès l’école maternelle, du jeune enfant qui présente des difficultés d’adaptation, de compréhension ou de comportement en collectivité. Que ces propositions soient contraires aux idéaux socialistes, qui préconisent plus le laisser aller ou la liberté pour chacun de se comporter comme bon lui semble, n’est pas étonnant. Pour eux, le seul fait de s’occuper d’un jeune en difficulté, c’est le cataloguer aussitôt « délinquant dangereux » alors que le pré rapport suggère, bien au contraire, d’accorder une attention particulière et attentive à ces enfants grâce à la création d’une équipe médico-pédagogique qui l’entoura et décidera ou non de mettre en place un accompagnement spécifique. Loin de vouloir stigmatiser ou caricaturer certaines catégories sociales, il s’agit bien, par ces propositions, d’aider l’enfant et sa famille à régler ses problèmes comportementaux dès les premiers signes de difficultés. Il s’agit aussi, par là, d’éviter à l’enfant de s’engager dans une courbe ascensionnelle qui peut, c’est vrai, conduire à terme dans la délinquance. Si, toutefois, les problèmes perdurent, la nomination d’un référent, pour toute la durée jugée nécessaire par l’équipe médico-pédagogique, est préconisée pour qu’un suivi rapproché et individualisé de l’intéressé soit opéré. Les détracteurs du pré rapport font également des raccourcis rapides, assimilant le jeune en difficulté à un malade, sous prétexte qu’un médecin scolaire ou un pédopsychiatre lui apporte son aide par sa compétence professionnelle. Ils stigmatisent ainsi un peu plus l’intervention du groupe médico-pédagogique qui a vocation première d’assister le jeune et de régler rapidement et dans les meilleures conditions ses difficultés. Quant aux amalgames honteux de ce collectif de détracteurs, sur la soi-disant stigmatisation des familles étrangères dans le rapport, c’est véritablement scandaleux. Le fait d’aider un jeune qui tend à se marginaliser parce qu’il a du mal à appréhender la langue française n’a rien de choquant. Inciter les parents à parler français lorsqu’ils sont en présence de leur enfant qui a des difficultés afin de l’aider à maîtriser la langue française n’a rien de scandaleux, bien au contraire. Essayer de faire croire que l’échec scolaire mène à la criminalisation est purement mensonger et totalement inventé. Le pré rapport a simplement mis en avant le fait que l’échec scolaire est un des principaux facteurs de déviance qui, à terme, peut mener à la délinquance. C’est pourquoi il doit être pris en compte à sa juste valeur par un accompagnement et une aide personnalisée de l’élève en difficulté. L’internat, contrairement à ce que dit ce collectif de détracteurs, doit être préconisé seulement lorsque toutes les autres solutions à la disposition de l’éducation nationale ont été épuisées et n’ont apportées aucunes améliorations. Toutes les expérimentations menées en internat ont, d’ailleurs, eu des résultats probants sur les jeunes pour les aider à revenir dans le droit chemin. Diaboliser cette forme d’éducation reste aux yeux de tous les professionnels une aberration. S’il est vrai que le pré rapport suggère des mesures plus fermes (structures spécialisées ou centres fermés) lorsque les faits et délits du mineur ont atteint un niveau tel qu’il constitue une nuisance réelle - d’abord pour lui mais également pour l’ensemble de la communauté scolaire - il s’agit bien, par ces mesures, d’agir dans l’intérêt du jeune et de lui permettre de se réorienter en lui donnant les moyens de se réinsérer dans la société par l’enseignement des valeurs sociales fondamentales, de civisme et de respect d’autrui, et l’apprentissage d’un métier conforme à ses aptitudes. Les parlementaires membres de cette commission ont pensé que ces mesures étaient préférables à l’incarcération et pouvaient donner une autre chance à ces jeunes qui, pour beaucoup, ont un potentiel non négligeable. En tout état de cause, pour ce collectif de détracteurs, il est préférable de laisser ces jeunes dans l’indifférence, plonger dans une désocialisation irrémédiable et vers un avenir sans issue, qui créé de surcroît un climat de peur et une spirale infernale que nous connaissons bien dans certains quartiers dits sensibles. Par contre, nos opposants ne disent pas un mot sur les conséquences de cette délinquance notamment pour leurs victimes. La détérioration des biens et des personnes, dans des milieux sociaux déjà défavorisés, ne suscite aucun intérêt de la part de ce collectif. Les atteintes à la dignité féminine, les nuisances nocturnes qui troublent la quiétude de quartiers entiers, les multiples vols ou incendies de véhicules, les violences en milieu scolaire, comme dernièrement à Aulnay sous Bois, n’ont jamais interpellé ce collectif. Il me semble qu’il est de notre devoir d’élu, d’entendre l’appel au secours de ces jeunes, qui installés désormais dans un système irrévocable de délinquance n’ont plu d’alternative que d’y rester. Ils regrettent tous qu’au moment ou ils ont dérapés, souvent très jeunes, on ne leur ait pas tendu la main. Il semble que ce qui dérange le plus, soit qu’un gouvernement veuille enfin prendre ces problèmes à bras le corps et trouver des solutions à un problème grave de société. Les donneurs de leçon sur ces sujets sociaux, qui n’ont rien fait quand ils étaient au pouvoir, refusent toutes propositions constructives qui puissent apporter un changement positif. Tout porte à croire qu’ils craignent que ces réformes n’apportent des changements bénéfiques qui pourraient vider totalement de leur substance leur fonds de commerce et leurs idéaux militants. Heureusement, les français ne sont pas dupes et se rendent maintenant compte de cet état de fait. Je souhaite, à cet égard, que certains journalistes qui ont complaisamment relayés le mouvement d’humeur de ce collectif, sans ouvrir de débat contradictoire avec les auteurs du rapport, s’en tiennent à une vision objective et pluraliste des faits.


Notes

[1] Ce texte est "lisible’ sur le site de Benisti

5 Messages de forum

  • > BENISTI répond au CNU

    12 février 2005 00:21, par DFGI128GR8464

    Comment pouvez-vous offrir un droit de réponse a cet illetré, ce fachiste qui parle de « changements positifs » alors que c’est un réactionnaire de la pire espèce qui menace la liberté des millions de crétins qui ont voté Chirac en pensant qu’il était différent de Le Pen. Belle mélasse. Ne donnez pas la parole au bourreaux, jetez-les dehors.
    DFGI128GR8464.

    • > BENISTI répond au CNU 12 février 2005 15:50, par BU

      Une telle reaction ( DFGI128GR8464 ) aussi violente et stigmatisante pour certains, ne peut que donner de l’eau au moulin de ceux qui developpent des arguments a la Benisti !

    • > BENISTI répond au CNU 12 février 2005 16:34, par Emmanuel

      Salut,
      Je comprends votre réaction, mais

      1) Ce n’est pas un droit de réponse

      2) Ce n’est pas en ignorant les arguments de l’adversaire qu’on le combat le mieux

      3) En lisant ce texte de Benisti, vous verrez une caricature, un épouvantail, il se ridiculise lui-même, essaie de rattrapper sans aucun talent toutes les bévues de son rapport et c’est la raison principale pour laquelle ce texte est sur le site antidelation :-)
      cordialement

      • > BENISTI répond au CNU 16 février 2006 09:03, par docteur vincent

        le rapport bénisti sur la prévention de la délinquance, était xénophobe et veut toujours transformer les maternelles en CMPP ( je cite : « il faut ouvrir les maternelles aux pédopsychiatres »). La nouvelle mouture caresse les émigrés dans le sens du poil (autrefois il ne fallait pas que les parents parlent patois dans leur foyer, maintenant on parle d’’enrichissement culturel")
        ce rapport est contradictoire car il veut redonner l’entière autorité aux parents et en même temps si ils ne vont pas dans le droit chemin, un référent sera nommé pour l’enfant court-circuitant l’autorité parentale.
        Par ailleurs « le médecin de famille doit jouer un rôle important dans le groupe de personnes référentes qui interviennent autour de l’enfant car il a une bonne connaissance de la famille et détient leur confiance ». Cela veut dire que vu qu’il « faut redéfinir le secret professionnel », le médecin de famille va trahir la confiance de ses patients !
        Dans la même veine, le rapport de l’Inserm de septembre 2005 sur les troubles du comportement de l’enfant donnne froid dans le doscelui-là prône la ritaline (en deuxième intention dit-on) à tout va pour le moindre écart de conduite.

  • > BENISTI répond au CNU

    16 février 2005 22:06, par Autefage Thierry

    C’est curieux...
    A relire certains livres, il est surprenant de voir comment une époque peut revêtir quelques traits d’une autre passée.

    Il est curieux de voir que monsieur SARKOZY a été présenté à droite comme un sauveur de la sécurité du temps où il était au ministère de l’Intérieur ; présenté comme un homme pressé, présenté sur tous les fronts de l’insécurité... tiens, le front ? Serions-nous donc en guerre ?

    Il est curieux d’observer qu’il a séduit beaucoup de monde... et même à gauche !

    Il est curieux d’entendre autour de lui ceux qui accusent les enseignants de défaitisme, de corporatisme (Mr FILLON) ; ceux qui accusent les salariés de fainéantise, de consommateurs de congés, de RTT (Mr SEILLIERE) ; ceux qui accusent les français d’être des suceurs de médicaments, de congés maladie, de « négative attitude » (Mrs RAFFARIN, BLAZY).

    En 1940, autour du Maréchal Pétain, on a entendu des discours similaires par le procès de la IIIième république comme aujourd’hui on fait le procès de toutes les avancées sociales.

    A l’époque on disait que notre pays avait connu la défaite par le : « ... défaitisme des instituteurs qui n’étaient plus les hussards noirs de la république... ». On a entendu dire que la France s’était écroulée à cause de 1936 et du Front Populaire « ... un pays de fainéants oisifs et gavés de congés payés... ». Ce discours dit « révolutionnaire » a aussi séduit à l’époque beaucoup de monde... et de tous côtés !
    N’oublions pas que Mr LAVAL était un pacifiste acharné et dreyfusard ; que Mr DORIOT avait été communiste, Mrs DEAT et SPINASSE socialistes ; BERGERY radical ; BELIN et DUMOULIN syndicalistes. Tous les pétainistes n’étaient donc pas à « Action Française » et la résistance à gauche. Dans le dernier cas, ce serait faire insulte aux... royalistes qui ont pour le plus grand nombre été dans la résistance.

    Je suis inquiet car quand je lis aujourd’hui monsieur BENESTI à qui on demande des propositions sur la prévention de la délinquance, lorsque je le lis et que je vois : « ... jusqu’alors on a acheté la paix sociale... faillite des systèmes de prévention...il faut revaloriser la sanction...avoir une politique de résultats...les enfants qui quittent le droit chemin...les déviants...passer du secret professionnel au secret partagé...le maire comme chef du dispositif social local...un conseil scientifique national...interdiction de parler patois (arabe ?) à la maison...l’instituteur devra signaler au maire tout comportement déviant... ».

    Lorsque je lis ce monsieur, j’ai peur que l’on confonde la lutte contre la délinquance avec une guerre ou une « révolution » au parfum de la francisque.

    J’ai peur que l’on instrumentalise les enseignants, les éducateurs et tous les travailleurs sociaux à des fins sécuritaires.

    J’ai peur que l’on stigmatise certaines populations.

    J’ai peur que naisse à nouveaux les mêmes personnages.

    Serais-je alors un résistant ?

    Bien sur il faut raison garder car nous ne sommes ni en guerre, ni dans un pays occupé. Bien sur...

    Pourtant, je crois que c’est de résistance qu’il faudra parler si ce genre de texte liberticide passe.