BASE ÉLÈVES" EST UN SYSTÈME DE SAISIE ET DE GESTION INFORMATIQUES PAR INTERNET DE TOUS LES ÉLÈVES DES ÉCOLES MATERNELLES ET ÉLÉMENTAIRES.

mardi 7 mars 2006


En cours d’expérimentation dans une vingtaine de départements« pilotes », il sera généralisé à toute l’Éducation Nationale . Dans le Gers, une dizaine de directeurs ont déjà été sollicités pour expérimenter son utilisation.

Cette base prévoit que toutes les données( familiales, sociales, scolaires, origines géographiques, etc...) concernant les élèves soient transférées par les directeurs d’écoles à l’IEN, à l’IA puis au Rectorat pour terminer au fichier national via internet.

Dans les départements où elle est en cours d’expérimentation, l’administration a déjà été interpellée.Elle a cherché à mettre en avant « l’aide » que ce système peut apporter aux directeurs d’écoles. Certes les directeurs ont besoin d’avoir les tâches administratives allégées mais des logiciels de gestion existent déjà.

Est-ce que la mise en place de cette base ne serait pas plutôt un outil réalisé par l’Administration afin de gérer au plus près les effectifs ( carte scolaire), pour mettre en oeuvre la Loi Organique relative aux Lois des Finances (LOLF) et répondre aux objectifs affichés par cette loi du passage « d’une culture de moyens à une culture de résultats ? »

En février 2005 s’est tenue une réunion de « Comité de pilotage système d’information premier degré » au ministère de l’éducation nationale.On y a appris que l’architecture globale du système d’informations se ferait en 3 pôles : 1 Base élèves, 2 Base écoles, 3 Base personnel.On peut se demander à qui la centralisation nationale de toutes ces données pourra-t-elle servir ?De quelles estimations les administrations peuvent-elles avoir besoin ? Statistiques sur les évaluations ? Les enfants en difficultés ? Des données sur l’immigration ? L’utilisation de cette base pourrait s’avérer dangereuse dans une période où le gouvernement s’emploie à surveiller pour mieux punir des populations souvent marginalisées par la précarité.

Surprenant ? Pas tant que ça ! Toutes ces mesures sont à rapprocher du rapport Benisti, commandé par le gouvernement, concernant le risque des « comportements déviants » des enfants dès leur plus jeune âge. Il amalgame« délinquance » et « familles issues de l’immigration ». Rappelons que ce rapport a fortement inspiré la loi sur la prévention de la délinquance de Sarkozy et les lois Perben II. Selon les termes du rapport,entre autres, la mère non francophone d’un enfant de 2 ans se trouve quasiment désignée comme facteur de risques : « Elle devra s’obliger à parler le français dans le foyer pour habituer les enfants à n’avoir que cette langue pour s’exprimer... ».

Nous ne pouvons cautionner ces projets gouvernementaux qui présupposent une société basée sur l’exclusion et la criminalisation de la misère.

Sur plusieurs départements « expérimentaux » des directeurs d’école ont refusé de participer à cette formation.

Nous demandons à nos collègues directeurs d’en informer et d’en débattre avec l’équipe pédagogique, d’en informer les parents d’élèves et les différents partenaires concernés sur ce dispositif, lors d’un conseil d’école par exemple.

Nous demandons aux directeurs de rentrer à minima les données sur Base élèves et enfin n’oublions pas que beaucoup de directeurs sont en grève administrative et ne sont donc pas obligés de valider pour envoyer les renseignements à l’IA.