Atteinte au secret professionnel

jeudi 11 mars 2004

Je reste abasourdie après la lecture du projet de loi concernant l’obligation qui serait faite à des personnes, dont l’efficacité de la vocation d’aider dépend en grande partie de la confiance qu’elles ont travaillé à susciter, de confier au maire ou au coordinateur nomé par lui des informations recueillies dans l’exercice de leur vocation.


Ceux qui ont pondu ce texte ne semblent pas avoir un minimum de compréhension de la nature du secret professionnel, que celui-ci constitue une obligation déontologique ou résulte d’un engagement personnel pour aider, soutenir, éduquer des jeunes en difficulté d’insertion.

Comment ne pas voir qu’en instaurant cette obligation on favorise une atteinte intolérable à l’essence meme du travail de ces personnes qu’elles soient éducateurs spécialisés, assistantes sociales, médecins etc ?

Comment ne pas voir l’incongruité d’oser prévoir des sanctions pénales si les infos ainsi divulguées tombaient entre les mains de tiers. De quel droit le maire ou son coordinateur cesserait d’etre un tiers pour l’éducateur dans l’exercice de son travail ?

Cette cellule composée de personnel administratif ou d’élus deviendrait par la grace du législateur apte à recevoir des confidences, des informations sensibles, sous le faux prétexte de protéger contre la délinquance ?

Ce faisant, l’ingrédient nécessaire pour tenter de changer les futurs potentiels délinquants serait fusillé à la base...

oui, je suis abasourdie...