Assemblée Générale du collectif : actualités du mouvement et rapport Benisti

dimanche 8 mai 2005


Bonjour à tous,

En Côte d’Or comme dans de nombreux départements la résistance et la vigilance continuent et mobilisent toujours des professionnels de l’éducation, de l’action sociale et de la santé contre les menaces liberticides et sécuritaires d’un gouvernement qui agite encore et toujours la peur pour faire avancer son idéologie répressive et ses projets de contrôle social.

Lors de notre assemblée générale(le 28 avril) nous étions une quarantaine de professionnels et d’étudiants en travail social réunis pour faire le point sur les travaux du collectif depuis son lancement en 2004. Ensuite nous avons débattus du rapport « Benisti » (du nom de son auteur), qui fait, depuis sa parution sur internet, l’objet de vives réactions de la part de nombreuses associations notamment de luttes contre le racisme (on peut consulter une interview de député UMP sur afrik.com qui vaut tous les discours explicatifs sur l’approche discriminatoire et dangeureusement simpliste dudit député), tant les allusions discriminantes, insultantes et fleurant un colonialisme méprisant à l’égard des « populations étrangères » y sont fréquentes. ( les citations entre guillemets sont tirées du rapport Benisti) Sur le fond, ce rapport indique clairement le lien entre répression et fonction de prévention dans la logique sécuritaire qui a prévalut lors de la mise en oeuvre de diverses politiques sous la législature en cours (lois perben, loi sarkozy, et bien sur son avant projet retiré mais déjà appelé à revenir sous une autre forme). La logique de surveillance et de contôle aux fins de détections des « individus déviants » est explicite dans ce texte. L’idée selon laquelle ces délinquants potentiels sont issus de milieu familiaux d’origine étrangère est également manifeste et il est indiqué de manière insistante que l’obligation d’imposer le « parler Français » dans ces familles au lieu d’y tolérer l’usage du « patois du pays » favorisera l’intégration d’individus dont le bilinguisme est la première source des difficultés qui les conduisent à « quitter le droit chemin pour s’enfoncer dans la délinquance ». A aucun moment le rapport ne fait référence aux conditions d’existence sociale et financière des familles, ni au malaise social qui peut s’exprimer dans certains faits de violences chez les mineurs, donc aucune proposition n’est avancée dans ce sens. En revanche la responsabilité des parents y est largement convoquée et l’idée de sanctions à leurs égards refait surface. Aux plans socio- éducatif, l’analyse et les propositions sont exclusivements comportementalistes et reéducatives, quand elles ne sont pas, comme au dix-neuvième siècle, franchement hygiénistes et orthopédiques (les termes « comportements déviants », « mérite », « atmosphère saine » reviennent de manière insistante.

En matière de moyens il s’agit selon l’auteur et sa commission, de placer tous les acteurs de l’éducation, de la santé ,du social et de la police en collaboration active sous l’autorité du personnage clé d’un dispositif de « dépistage efficace » des « futurs déviants » : LE MAIRE !!! Qui mériterait alors amplement son titre de premier magistrat de la commune (on peut se demander si, croulants déjà sous d’innombrables responsabilités, les élus communaux seraient favorable à cette nouvelle etoile à leur ruban !!!) Pour modifier des cultures professionnelles qui font depuis trop longtemps obstacles à de telles « nouvelles pratiques », une seule mesure !... passer du secret professionnel (qui ,rappelons le, garantit au familles l’absolue discrétion de la part des personnels sociaux sur leurs vies privées et la nature de leurs difficultés ) à la ... « CULTURE DU SECRET PARTAGE »... une sorte d’entre-soi institutionnalisé qui permetterait l’échange d’informations sur les jeunes et leurs familles afin de dépister, traiter, soigner et le cas échéant éradiquer la délinquance. S’en suivent une quinzaine de propositions qui portent sur les moyens et les actions à mener selon le degré de difficulté et de déviance présentées par l’individu de trois à seize ans, puisqu’au delà seul l’enfermement et la contension sont préconisés pour protéger la société des nuisances de ces individus.

Bref, un texte somme toute assez affligeant par sa méconaissance des problèmes et du terrain, affligeant par les simplifications réductrices et les relents racistes de certains de ses termes et qui laisse sans ambiguité entrevoir quel projet d’école , de travail social, de santé, et plus largement de société nous destine le député benisti et ses collègues (seize député UMP, deux députés UDF, et deux députés socialistes qui se sont, pour leur part, désolidarisé des propos tenus dans le rapport).

Comme vous le voyez, l’action et la vigilance professionnelle autant que citoyenne s’imposent, ceci d’autant plus que vient de paraître un second rapport tout ausi préoccupant : le rapport Hermange (autre députée UMP, qui prolonge la « réflexion » en matière de protection des mineurs et de prévention...

ALORS POUR POURSUIVRE LA LUTTE ET LES ACTIONS, NOUS VOUS INVITONS A UNE REUNION A LA BOURSE DU TRAVAIL, RUE DU TRANSVAAL A DIJON LE 24 MAI DE 18H A 20H !!!

PLUS NOUS SERONS NOMBREUX A FAIRE RELAIS AUTOUR DE NOUS DANS LES ETABLISSEMENTS ET SERVICES ET AUPRES DES CITOYENS PLUS NOUS POURONS CONTRER LES PROJETS SECURITAIRES ET REPRESSIFS DE CEUX QUI VEULENT ARTIFICIELLEMENT CREER LA CONFUSION ENTRE SOUFFRANCE SOCIALE, PRECARITE, IMMIGRATION ET DELINQUANCE ... Refusons ces amalgames dangereux qui ont déjà montrés dans le passé, y compris récent,où ils peuvent conduire !!!.

Pour des infos complémentaires, vous pouvez également contacter des membres du collectif via la bourse du travail (Union santé CGT).

J’ajoute pour les habitués des reunions et des actions que Gégé était des notres jeudi 28 avril, qu’il s’accroche et qu’il reprend du poil de la bête, nous étions heureux de le revoir parmis nous et nous lui redisons notre amical soutien (Biz Gégé !!!)