Rennes se mobilise pour le 22 mars

AG du CORRESO, mercredi 8 mars à 20 heures, Maison Héloïse, 13 rue de Redon à Rennes

jeudi 16 février 2006, par bernard-marie


C’est sur la base d’une mobilisation citoyenne, professionnelle, syndicale et associative, que naissaient en 2004 partout en France, des collectifs contre le projet de loi “prévention de la délinquance”, élaboré par les services du ministère de l’intérieur. A Rennes dès le 1er avril, se constituait le COllectif Rennnais de REsistance SOciale (CORRESO).

C’est probablement à cause de cette contestation et parce qu’il savait le sujet sensible, que Nicolas Sarkozy aura mis presque deux ans à reproposer un texte. Cette période, liée aussi aux aléas politiques, n’avait pas hélas pour objet de retravailler le texte d’origine, puisque l’exposé des motifs remis en décembre à Dominique de Villepin, reprend point par point ce qui se trouvait déjà dans la dernière version de son projet de loi.

Non, cette période avait en fait pour finalité de décrédibiliser le secteur socio-éducatif, que M. Sarkozy juge dépassé, soucieux de préserver le secret professionnel comme s’il s’agissait d’une prérogative ou « d’un avantage acquis », et à ses yeux, responsable de tous les maux, faits divers et faits de société exploités sans vergogne pour servir auprès de l’opinion publique, sa cause sécuritaire.

Et le Ministre de l’Intérieur, bien relayé par les médias, n’a pas lésiné sur les moyens, faisant feu de tout bois, multipliant les déclarations, risquant l’amalgame entre prévention spécialisée de la protection de l’enfance et la prévention de la délinquance, utilisant des rapports pseudo-scientifiques qui s’ils ne traitaient pas de sujets aussi graves, en seraient presque risibles : rapport final de la Commission prévention du groupe d’études parlementaires sur la sécurité intérieure (Gepsi) présidé par M. Bénisti, expertise de l’INSERM.

Au final, un programme du ministère de l’Intérieur sur la prévention de la délinquance qui fait froid dans le dos :
- Généralisation de la vidéosurveillance dans les espaces privés ;
- Information du maire des actions de prévention, qui pour respecter la vie de ses administrés, devient « professionnel de la prévention » ;
- Extension à l’enseignement à distance, des contrôles à domicile de la mairie pour les aspects sociaux ;
- Stages de soutien à la parentalité « fortement incités » ;
- Mise sous tutelle des prestations familiales à la demande du maire ;
- Remise en question de l’ordonnance de 1945 dans son principe de primauté de l’éducatif sur le répressif avec abaissement de l’age pénal à 13 ans ;
- Incrimination sur leur seule présence, des participants à des rassemblements au cours desquels des troubles sont occasionnés ;
- Etc. ...

La mise en place par le Premier ministre, le 20 janvier dernier, du Comité interministériel de prévention de la délinquance, chargé tès vraisemblablement de ventiler l’ensemble de ces mesures sur des textes législatifs du ressort des neuf ministères qui le composent, est le signe tangible des précautions prises par le Gouvernement pour faire accepter un texte qui, compte tenu des risques importants de dérives qu’il contient intrinsèquement, et même après deux ans de propagande, reste particulièrement sensible. A titre d’exemple, la loi sur “l’Egalité des chances” reprend le Contrat de responsabilité parentale et la suppression des prestations familiales à la demande du Président du Conseil général. Ce texte a été adopté sans débat parlementaire à l’aide de l’article 49-3 !

C’est pourquoi le CORRESO appelle les Rennais à participer à la manifestation nationale le 22 mars à Paris, pour dire : halte aux mesures sécuritaires !

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