Aralis : un demi-siècle de lutte contre l’exclusion

Politis n°802, Jean-Claude Renard, 20 mai 2004

samedi 22 mai 2004

Voilà plus de cinquante ans que l’association Aralis, à Lyon, accueille et loge des personnes en situation précaire.


Voir en ligne : http://www.politis.fr/article966.html

À l’automne dernier, à Lyon, une chorale de cent voix et une exposition déclinaient la mémoire vivante de l’immigration. Parce que l’on n’oublie pas d’où l’on vient. La chorale réunissait une centaine de chanteurs amateurs, résidant en foyers, et des associations culturelles de quartier. Le spectacle s’appuyait sur la correspondance entre générations, en croisant les voix de la première et des suivantes. Parallèlement, l’exposition, en vingt diptyques, était réalisée à partir de lettres de résidents à leurs familles ou aux administrations (demandes de renseignements, de soutiens, lettres de remerciements). Chaque missive rendant compte des relations d’une communauté avec les institutions, révélant les angoisses, la joie, les attentes, les déraisons, les déceptions. De l’oral à l’écrit, il s’agissait de rendre la parole à ceux qui ont contribué dans le silence au développement de la cité et de restituer une histoire particulière dans une plus vaste, collective. L’une et l’autre manifestations se déroulaient sous l’égide de l’Association Rhônes-Alpes pour le logement et l’insertion sociale (Aralis). Les chanteurs demeurant en ses foyers, les lettres étant puisées dans ses archives, accumulées depuis 1974. L’action artistique et culturelle se veut ici un outil au service de l’insertion. Une action parmi d’autres.

Voilà plus de cinquante ans qu’est née l’association. L’histoire d’Aralis reste étroitement liée à celle de l’accueil des populations émigrées sur le sol français. À l’origine, elle répond aux situations d’urgence pour loger les ouvriers débarqués en France (des exploités faciles pour les entrepreneurs). Pour accueillir cette main-d’oeuvre migrante, pionnière et sacrifiée, la Maison de l’Afrique du Nord est créée en 1951. Pour autant, le terme d’intégration n’existe pas encore, les travailleurs immigrés vivent reclus. Jusqu’à la fin des années 1960, la préfecture du Rhône, les municipalités de Lyon et de Villeurbanne se sont engagées pour résorber les bidonvilles où se sont entassés des travailleurs isolés. L’activité économique française en plein essor fait appel à une main-d’oeuvre bon marché. Aux Maghrébins s’ajoutent des Espagnols, des Portugais, des Turcs, des Italiens...

Au début des années 1970, l’association est rebaptisée la Maison du travailleur étranger (MTE). Elle prend alors en charge plusieurs foyers, dans le VIIIe arrondissement de Lyon, à Vénissieux, à Villeurbanne, à Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire... Depuis, les crises économiques se sont multipliées, la MTE est devenue l’ultime maillon dans la chaîne du logement « temporaire », l’antichambre avant l’exclusion, qui voit échouer de nouvelles figures, femmes seules, demandeurs d’asile, jeunes isolés, familles... En 1994, la MTE prend le nom d’Aralis. Aujourd’hui, elle gère 4 établissements comportant 175 logements diffus, 18 foyers et 7résidences sociales, avec une capacité d’accueilde 4 000 places. Elle emploie 140 salariés, son budget s’élève à près de 11 millions d’euros, grâce aux revenus de la gestion locative et aux financements d’action. Soit le Fonds d’action sociale, l’État, le conseil général, les communes et le conseil régional.

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Aralis, 14, place Jules Ferry, 69456 Lyon Cedex 06. Tél. : 04 72 75 79 30. Courriel : aralis wanadoo.fr