Appel de la Conférence Permanente des Organisations Professionnelles du Social à destination des élus « * Pour la défense d’un travail social offrant des garanties démocratiques aux populations les plus en difficulté ».

dimanche 21 mars 2004, par Emmanuel

Pour la défense d’un travail social offrant des garanties démocratiques aux populations les plus en difficulté


. Mesdames et Messieurs les responsables de groupes parlementaires à l’Assemblée Nationale et au Sénat,

. Mesdames et Messieurs les Présidents des Commissions aux Affaires Sociales,

Confrontés, depuis 2 ans, à une prolifération de textes législatifs et réglementaires venant redessiner le contexte éducatif, social et judiciaire de nos actions, nous, travailleurs sociaux, appuyés dans cette démarche par les organisations professionnelles de l’Action Sociale et Médico-Sociale, souhaitons attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’aggravation de nos conditions d’exercice professionnel auprès des populations en difficultés ainsi que sur les risques réels de mise en échec de nos missions actuelles de protection et de prévention ;

Nous constatons :

. Au travers d’une politique concertée entre le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice, le développement d’une stigmatisation systématique de certaines catégories de la population aux comportements jugés « dérangeants » et le durcissement du traitement pénal de comportements sociaux liés, bien souvent, aux conditions même d’existence des personnes concernées.

. Un recul inquiétant des droits et de l’ensemble des dispositifs sociaux et médico-sociaux destinés à la lutte contre les exclusions, entre autres : remise en cause de l’accès aux soins, des prérogatives des juges des enfants, diminution des crédits spécifiques, particulièrement en matière de logement, aggravation des conditions d’entrée et de séjour pour les étrangers, effets de la décentralisation sur le RMI.

. L’absence de prise en considération des acteurs professionnels de l’action sociale et médico-sociale, le déni de leur apport au traitement du délitement du lien social et de la mise en cause du pacte républicain d’égalité des droits. A ce titre, nous ne pouvons que regretter le désengagement de l’État en matière de moyens et de politique, à long terme, de la formation des travailleurs sociaux ainsi que du déploiement insuffisant de professionnels qualifiés dans les actions de protection et de prévention : enfance en danger, accueil de la petite enfance, lutte contre les exclusions, accompagnement social, etc.

Nous affirmons, devant ces constats, que l’orientation actuelle des politiques publiques est non seulement contraire aux valeurs citoyennes du travail social, mais également contre-productive en termes de démocratie ! Nous rappelons que tout questionnement du sens des missions et des visées du travail social impose de tenir compte des conditions objectives d’existence des personnes et qu’à ce titre, devant l’aggravation des conflits sociaux liée à l’accentuation des inégalités et la dégradation des conditions de vie, nous avons la responsabilité d’une fonction d’alerte auprès des décideurs politiques.

A ce titre, nous considérons aujourd’hui indispensable :

. L’abandon du projet de loi sur la prévention de la délinquance. . De réels moyens, dans l’urgence et à long terme, pour répondre à la crise du logement. . Le maintien de la pleine compétence des juges des enfants. . Que la lutte contre la pauvreté et les exclusions soit une cause nationale qui mobilise les pouvoirs publics au-delà des déclarations d’intention. . Le respect des principes professionnels et des pratiques tels qu’ils sont exprimés par le conseil supérieur du travail social.

Nous demandons donc à être entendus dans nos analyses et constats professionnels par les Députés et Sénateurs en charge d’élaborer et de voter des textes législatifs, qui nous mettent aujourd’hui en difficulté dans nos pratiques au quotidien !

Nous réclamons pour ce faire une rencontre avec les élus concernés par l’avenir du travail social, sa légitimité et son impact sur la société démocratique.

Le 15 mars 2004, La Conférence permanente des organisations professionnelles du social

Cet appel émane des organisations professionnelles membres de la CPO. Faites le vivre ! Signez-le, relayez-le auprès de vos collègues, envoyez-le à la CPO et interpellez vos élus locaux !

CPO : 6, rue Anne -Marie Javouhey - BP 145- 61005 Alençon Cedex