Appel à rassemblement à Besançon devant la Préfecture

Jeudi 3 février à 17h30

lundi 31 janvier 2005

CETTE SOCIÉTÉ-LÀ, ON N’EN VEUT PAS !

UNE SOCIÉTÉ QUI MÉPRISE SA JEUNESSE N’A PAS D’AVENIR


L’année dernière les travailleurs sociaux se sont mobilisés contre l’avant projet de loi Sarkozy sur la prévention de la délinquance. Ils se sont battus contre un projet qui avait pour but de criminaliser la misère, de considérer toutes les personnes en difficultés sociales, matérielles ou éducatives comme délinquantes potentielles. Ce projet organisait la délation, le fichage auprès du maire, personnage central du projet. Il imposait notamment le partage de l’information avec la police au mépris des principes fondateurs du travail social, et surtout du respect des personnes concernées.

Sarkozy a été remplacé par Villepin, et le projet est toujours en préparation. En novembre dernier, M Bénisti (député UMP) a remis à Villepin un rapport sur la prévention de la délinquance justement en prévision de la future loi. Or, le projet actuel est quasiment identique à celui de Sarkozy. Il démontre encore une fois la volonté du gouvernement de surenchérir sur un « projet de société » fondé sur un libéralisme outrancier excluant toute une partie de la population.

Le rapport Bénisti, dont la vocation affichée est de contenir la population mise en situation de fragilité (étrangers, familles démunies, jeunes en difficultés scolaires...), prévoit tout un arsenal de dispositions dignes d’une société où l’autoritarisme deviendrait la seule loi. Les termes et les moyens énoncés rappellent clairement ceux déjà usités au 19ème siècle dans les établissements habilités à « corriger » et « redresser » les jeunes.

En outre, il place les personnes dans une forme de prédéterminisme auquel elles ne peuvent échapper : « Un enfant à 6 ans est indiscipliné, à 15 ans il sera drogué et à 23 ans il sera obligatoirement dans la grande délinquance » et dont la seule issue serait, pour le « remettre dans le droit chemin », une répression accrue et/ou un contrôle total sur lui et sa famille ; pour ce faire, il faut utiliser les travailleurs sociaux, le personnel médical et les enseignants comme agents exécutants de cette politique.

Nous demandons :

- Le retrait de tout projet de loi concernant la prévention de la délinquance portant atteinte aux libertés publiques
- La réponse aux besoins sociaux des jeunes et de leurs familles
- Le respect de l’éthique et la déontologie des professionnels
- L’abrogation des protocoles et des conventions qui dévoient les missions des professionnels et portent atteinte aux droits des usagers

Le Collectif National Unitaire appelle à une manifestation nationale à Paris jeudi 3 février.

Parallèlement, le collectif des salariés du social de Besançon, la CGT, CNT, SUD et FSU appellent également à un rassemblement jeudi 3 février à 17h30 à Besançon devant la Préfecture. Tout le monde est concerné !