Appel à la vigilance

COLLECTIF DE L’HERAULT

mercredi 2 février 2005

Jeudi 03 février 2005 journée de mobilisation des travailleurs sociaux en France


Le gouvernement tente d’utiliser les travailleurs sociaux à des fins qui ne sont pas les leurs. C’était le cas avec le projet de loi dit « de prévention de la délinquance » initié par Sarkozy dans lequel étaient prévues des aides financières pour la vidéo surveillance, en particulier dans les établissements scolaires, un contrôle systématique et un fichage de la population, principalement celle qui se trouve vivre dans la précarité, ainsi qu’une conception policière et sécuritaire du travail social. Aujourd’hui piloté par de Villepin, ce projet n’est toujours pas rendu accessible malgré les demandes répétées des différents organisations et collectifs de travailleurs sociaux. Cependant, un rapport d’une commission parlementaire, présidée par M. Benisti a été rendu au gouvernement en octobre 2004. Ce rapport justifie nos craintes sur le glissement vers une société de contrôle et de formatage, en proposant une analyse erronée des causes de la délinquance et des problèmes sociaux.

L’analyse du rapport s’appuie sur des arguments si primaires et schématiques qu’ils pourraient faire sourire s’ils ne touchaient à des sujets aussi graves. Par exemple, « entre 1 et 3 ans, si [les enfants] sont d’origines étrangères, [les mères] doivent s’obliger à parler le français dans le foyer pour habituer les enfants à n’avoir que cette langue pour s’exprimer » (rapport Benisiti p9/60) et « entre 4 et 6 ans, l’enseignant devra alors en parler aux parents pour qu’au domicile, la seule langue parlée soit le français ».(p10/60).

Nous rejoignons la position du Syndicat National des Médecins de PMI qui énonce : c’est avec consternation que nous apprenons sans qu’aucune démonstration ne soit faite que la langue maternelle étrangère d’un enfant constitue un facteur de risque de déviance. Cette affirmation constitue une contre vérité scientifique. De nombreuses études montrent l’intérêt que constitue le bilinguisme pour un jeune enfant et à l’évidence, la langue que parle une mère constitue le meilleur vecteur pour des échanges affectifs, émotionnels, sécurisant pour l’étayage psychique de son bébé.

Au niveau local, le collectif a dénoncé la tenue de contrats locaux de sécurité à la fois illégaux et illégitimes . Coordonnés par une entreprise aux intérêts économiques privés et à l‘idéologie sécuritaire affirmée, ils permettent l’échange d’informations nominatives sur les familles sans leur accord et en présence de partenaires aussi divers que la justice, la police, l’éducation nationale, les bailleurs publics et les services sociaux départementaux et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Nous rappelons que le droit au respect de sa vie privée est un droit reconnu par la loi. Sur toute la France, nous recensons de nombreuses pressions qui vont dans le sens de ces dérives.

De plus, nous sommes très inquiets de l’évolution de la justice des mineurs. A la création de celle-ci en 1945, l’acte de délinquance était considéré comme un symptôme de mal-être. Aujourd’hui la justice ne s’intéresse plus qu’à l’acte commis et non aux parcours de vie. Résultat : l’essentiel des moyens est consacré à l’enfermement des jeunes, sans rien résoudre. On croit rassurer la société mais en réalité, suite à l’enfermement, les actes de délinquance se répètent, en général plus fort, car les jeunes sortent amers et brisés. La solution des Centre Educatifs Fermés dont se gausse actuellement le gouvernement n’est pas plus une solution au vu des premiers résultats. La logique d’enfermement y demeure la même : on ne peut pas apprendre à vivre en société quand on en est exclu. On ne peut pas être éduqué quand on n’a plus d’espace de liberté.

A l’Education Nationale, l’évolution est tout autant inquiétante. Comme le signale le Collectif National Unitaire, « la lutte contre l’échec scolaire n’existe désormais plus, tout étant vu à travers le prisme de la délinquance potentielle : récemment, après avoir supprimé les surveillants et réduit les effectifs d’aides éducateurs, le protocole « police - Education Nationale » a instauré pour chaque établissement un correspondant justice. »

Notre lutte, comme notamment celle des secteurs de l’éducation, de la santé et de la culture, concerne l’ensemble de la population et le choix de société dans laquelle nous voulons vivre.

Le Jeudi 03 Février, parle-s-en à ta mère pas à ton maire !!

Premiers signataires : CNT 34 Education, SNPES-PJJ/ FSU 34, ANAS LR, SNUAS-FP/FSU, CGT-Conseil général, SUD Santé-Sociaux / SUD Education Syndicat des Avocats de France, Ligue des Droits de l’Homme

Documents joints