Alerte rouge

texte de Jean-Pierre ROSENCZVEIG

vendredi 12 mai 2006


Voir en ligne : tiré du blog de Jean-Pierre ROSENCZVEIG

La mort coup sur coup ce week-end de deux très jeunes enfants dans des conditions horribles donne apparemment prétexte à l’organisation le jeudi 11 mai d’une réunion interministérielle sur la sécurité des enfants et la protection de l’enfance sous l’autorité du premier ministre.

Non seulement on précipite l’examen du projet de loi « Prévention de la délinquance » préparé par le ministère de l’intérieur désormais doté de l’estampille « urgence » ( le Conseil d’Etat aurait trois jours pour se prononcer avant l’examen en Conseil des ministres), mais ce texte aurait désormais priorité sur le projet de loi sur la protection de l’enfance déjà adopté le 3 mai en conseil des ministres ! Pire, on dit que des dispositions du texte de Philippe Bas seraient réintégrées sous forme d’amendements dans le projet de loi sur la prévention de la délinquance !!! Alors serait anéanti un an de travail et le fruit des rencontres organisées dans 80% des départements avec des milliers et des milliers de débatteurs. On en revient ainsi au projet sarkoziste initial : un texte sur la délinquance dont une partie sur les enfants à protéger .... de la délinquance ! On peut lui reconnaître le mérite d’avoir une vision globale de l’enfance, comme nous y appelons, mais quelle vision : les enfants sont d’abord des délinquants potentiels dont il faut se méfier ! Tout logiquement les pouvoirs du maire ont le vent en poupe : il lui reviendrait de recevoir les informations , y compris nominatives, sur les familles en difficulté, de mettre en oeuvre les politiques et les réponses adaptées. Concrètement à travers son délégué, il recevrait les informations utiles détenues par les travailleurs sociaux. C’est le maire-shérif, juge et décideur politique qui se dessine au risque en le faisant entrer dans l’arène qu’il perde l’autorité morale dont il dispose qui transcende son origine politique. Nous avions recherché à travers un débat en profondeur à éviter cette approche, en priorisant le souci de la protection de l’enfance, sans pour autant négliger qu’il faille dans certains cas améliorer les réponses à la délinquance de certains jeunes. Mais c’était là un autre débat qu’il fallait traiter à part ! Sous couvert d’une actualité qui n’a rien à voir avec le sujet, mais en surfant sur la vague de l’indignation, le gouvernement pris dans un autre maestrum qui est celui de son devenir et de la campagne qui s’ouvre, décide de tomber dans l’approche sécuritaire. Et nous n’en sommes qu’au début de la campagne ! Bien évidemment, rien n’est jamais perdu.

D’évidence, pour sortir de ces amalgames et la confusion qui en résulte, une mobilisation va se déclencher y compris avec des professionnels et des élus partageant beaucoup avec cette majorité. Il n’est pas indispensable que la raison revienne. Avec le souci que pour la première fois dans l’histoire de ce pays on aborde la question de la protection de l’enfance sans l’arrière-fond de prévention de la délinquance, non pas avec le souci de protéger la société, mais parce que les enfants ont un droit premier à être protégés.

Tel était l’objectif du projet avancé par Philippe Bas avec notre soutien. Texte encore perfectible comme tout texte de consensus, mais texte répondant à l’attente des professionnels.


1 Message

  • Alerte rouge

    14 mai 2006 00:23

    je suis pour une peine de mort pour le meurtre des gosses et personnes agées