Actions en Charentes-Maritimes

mardi 8 juin 2004


Bonjour,

En lutte depuis le mois de mars contre l’avant projet de loi sur la prévention de la délinquance ( Sarkozy ), voici quelques infos à diffuser le plus largement possible dans votre réseau.

Charte de résistance à la délation Le COLLECTIF DES TRAVAILLEURS SOCIAUX 17 est ouvert aux individus et aux personnes morales. travailleurssociaux17 voila.fr

Nous, professionnels du champ social, médico-social et éducatif refusons de participer à la stigmatisation des populations. Nous concevons nos missions dans le respect des droits fondamentaux et revendiquons pour tous l’égalité de droits et de traitements sur l’ensemble du territoire. A ce titre Nous exigeons l’abandon de l’avant projet de loi sur la prévention de la délinquance. Nous refusons dès à présent d’appliquer les dispositions inscrites dans les protocoles, conventions et contrats de travail déjà mis en place dans certains départements, qui obligent les travailleurs sociaux à rendre publiques des informations confidentielles reçues dans le cadre d’une relation de confiance, garantie par leur déontologie professionnelle. Il est hors de question de considérer toute personne en difficulté sociale, éducative ou matérielle comme un délinquant potentiel. Dans un des pays dont la puissance économique pourrait permettre d’autres choix, les politiques actuelles génèrent des régressions sociales sans précédent. Pour faire respecter les droits des personnes et répondre à leurs besoins, il est indispensable de recourir à des professionnels formés, qualifiés et reconnus dans leurs compétences. Nous refusons l’obligation de délation qui anéantit toute politique de prévention et d’accompagnement des personnes. Nous refusons tout amalgame entre le champ du social, de l’éducatif de la santé et le champ du répressif et du sécuritaire. Nous refusons catégoriquement toute action commune comme toute formation qui entraîneraient une confusion des interventions et la perte du sens de nos métiers. Le travail social ne peut se faire sans une politique sociale ambitieuse : priorité nationale du logement, protection sociale, travail, éducation, santé... Il faut également donner aux professionnels de ces secteurs des moyens de remplir toutes leurs missions. Nous réaffirmons notre volonté de ne pas faire entrer ces secteurs dans le domaine de la marchandisation tel que le propose le MEDEF. Nous résisterons à la mise en place de ces projets et nous appelons à la désobéissance en refusant demain d’appliquer les dispositions contenues dans l’avant projet de loi et dès aujourd’hui celles contenues dans les conventions et protocoles déjà en vigueur. Les signataires de ce texte s’engagent à être solidaires des professionnels qui subiraient toutes formes de répression. Dés à présent nous organisons un réseau de vigilance. Nous appelons à la mobilisation pour lutter contre ce projet de société qui criminalise les pauvres, les jeunes et toutes personnes « dites » en difficulté.

Signataires :


LETTRE AU MAIRE DE LA ROCHELLE La Rochelle le 21 mai 2004. Collectif des travailleurs sociaux 17 Mail : travailleurssociaux17 voila.fr

Monsieur le Maire, Le Collectif des travailleurs sociaux 17, dont une délégation a été reçue en mairie par Monsieur BENETEAU le 21 avril dernier ( remise de pétitions ainsi que de la Charte ), milite pour le retrait de l’avant projet de loi sur la prévention de la délinquance, initié par Monsieur Sarkosy en tant que Ministre de l’intérieur. Nous souhaitons vous interpeller sur ce texte. En effet, on peut y lire notamment, que : « tout professionnel intervenant au titre de l’action éducative, sociale ou préventive, est tenu d’informer le maire de la commune de résidence de la personne au bénéfice de laquelle il intervient, ou le représentant désigné par le maire, de l’action entreprise au bénéfice de cette personne ». Par là-même, les maires seraient assignés à être des coordonnateurs de la prévention de la délinquance et dépositaires d’informations détenues par les travailleurs sociaux sur « les personnes présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles ». Notre inquiétude est grande du risque de confusion entre délinquance et précarité sociale. Notre inquiétude est également grande de voir s’accentuer la perte de nos repères professionnels, de voir remise en cause la déontologie de nos professions, d’être dépossédés du sens de nos missions. Le lien de confiance, tissé souvent sur le long terme et grâce au secret professionnel, serait définitivement rompu et toute possibilité d’action abolie. Car de prévention il ne pourrait plus être question sans ce respect de l’anonymat et de la libre adhésion, deux des principes fondamentaux du travail social. C’est pourquoi nous souhaitons avoir votre avis, vous dont les missions par élections, sont fondées également sur la confiance accordée par vos électeurs et visent à l’intérêt général, mais ne font de vous en aucun cas, un professionnel du travail social. Comment vous situez-vous par rapport à ces nouvelles responsabilités qu’on voudrait vous faire endosser en tant que maire ? Avez-vous le sentiment que la prévention serait servie par ces attributions qui, éventuellement vous incomberaient, sans en avoir les compétences ? Ne pensez-vous pas qu’il est urgent d’œuvrer à l’augmentation du nombre de postes de travailleurs sociaux et à son financement plutôt qu’à l’anéantissement d’une profession et donc à l’abandon d’une partie de la population la plus précarisée ? Dans l’attente de vos réponses sur ces questions fondamentales, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de nos sentiments les meilleurs. P/Le Collectif.


LETTRE AUX ELUS. La Rochelle le 21 mai 2004.

Collectif des travailleurs sociaux 17 Mail : travailleurssociaux17 voila.fr

Madame, Monsieur, Le Collectif des travailleurs sociaux 17, qui milite pour le retrait de l’avant projet de loi sur la prévention de la délinquance, initié par Monsieur Sarkosy en tant que Ministre de l’intérieur, tient à vous consulter afin de connaître votre position sur ce sujet. En effet, dans ce texte, on peut lire, notamment, que : « tout professionnel intervenant au titre de l’action éducative, sociale ou préventive, est tenu d’informer le maire de la commune de résidence de la personne au bénéfice de laquelle il intervient, ou le représentant désigné par le maire, de l’action entreprise au bénéfice de cette personne ». Par là-même, les maires seraient assignés à être des coordonnateurs de la prévention de la délinquance et dépositaires d’informations détenues par les travailleurs sociaux sur « les personnes présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles ». Notre inquiétude est grande du risque de confusion entre délinquance et précarité sociale. Notre inquiétude est également grande de voir s’accentuer la perte de nos repères professionnels, de voir remise en cause la déontologie de nos professions, d’être dépossédés du sens de nos missions. Le lien de confiance, tissé souvent sur le long terme et grâce au secret professionnel, serait définitivement rompu et toute possibilité d’action abolie. Car de prévention il ne pourrait plus être question sans ce respect de l’anonymat et de la libre adhésion, deux des principes fondamentaux du travail social. C’est pourquoi nous souhaitons avoir votre avis, vous dont les missions par élections, sont fondées également sur la confiance accordée par vos électeurs et visent à l’intérêt général, mais ne font de vous en aucun cas, un professionnel du travail social. Comment vous situez-vous par rapport à ces nouvelles responsabilités qu’on voudrait vous faire endosser en tant que maire ou en tant qu’élu ? Avez-vous le sentiment que la prévention serait servie par ces attributions qui, éventuellement vous incomberaient, sans en avoir les compétences ? Ne pensez-vous pas qu’il est urgent d’œuvrer à l’augmentation du nombre de postes de travailleurs sociaux et à son financement plutôt qu’à l’anéantissement d’une profession et donc à l’abandon d’une partie de la population la plus précarisée ? Dans l’attente de vos réponses sur ces questions fondamentales, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos sentiments les meilleurs. P/Le Collectif.


PETITION.

COLLECTIF TRAVAILLEURS SOCIAUX 17. Contre le projet de loi prévention de la délinquance Le collectif appelle tous les professionnels du champ social, éducatif et les citoyens à se mobiliser massivement pour exiger le retrait du projet de loi contre la délinquance qui prévoit, entre autre, d’instituer un devoir de signalement et de coordination de l’intervention publique par le Maire. Seront donc soumis à cette disposition : assistants sociaux, éducateurs, médecins, enseignants... Ce projet de loi institue la délation sociale comme nouvel outil de travail sous peine de sanction, et propose la mise en place de stages de parentalité ( aux frais des parents ) ainsi que des amendes pour les parents « défaillants dans l’éducation de leurs enfants ». Sur l’ensemble du territoire la résistance et la mobilisation s’organisent. Nous sommes tous concernés par cette dérive sécuritaire : qui ne peut être amené un jour ou l’autre à rencontrer un travailleur social ? Qui ne peut être amené à connaître des situations de précarité : chômage... Parents, professionnels, citoyens, : Exigeons le retrait de ce projet de loi, Apportons massivement notre soutien aux professionnels en lutte contre ce projet, Mobilisons-nous ENSEMBLE en signant la pétition. NOM PRENOMCOORDONNEESSIGNATURE


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