AU SECOURS !!!

samedi 28 février 2004, par Emmanuel


Le SNUAS-FP/FSU (syndicat national unitaire des assistants sociaux de la fonction publique) avec plusieurs autres organisations syndicales, associations... appelle à :

Manifester le mercredi 17 mars 2004 à Paris Contre le projet de loi de prévention de la délinquance du ministre de l’Intérieur

Article 11 du chapitre 6 du projet de loi pour la prévention de la délinquance : « Tout professionnel qui intervient au bénéfice d’une personne présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles, est tenue d’en informer le Maire de la commune de résidence, ou la personne par lui désignée aux fins de le substituer. » Des sanctions pénales ou administratives sont prévues en cas de « méconnaissance, par le professionnel, de cette obligation d’information ».

Ce projet de loi prévoit de désigner le maire, comme coordinateur de la politique locale de prévention de la délinquance. Il instaure une obligation pour les professionnels exerçant auprès des publics en difficultés, de transmettre au maire toute information concernant ces situations. Cette injonction s’appliquera à toutes les catégories d’intervenants : travailleurs sociaux, enseignants, éducateurs,...

Cette pratique, si elle est adoptée, portera atteinte aux droits individuels et collectifs : la confidentialité, nécessaire à l’instauration d’une relation de confiance entre les personnes et les professionnels, ne sera plus assurée, compromettant le travail social et éducatif. Elle désigne chaque personne en difficulté, usager du service public, comme un suspect potentiel et fait entre autre de la pauvreté un délit !

Ce projet est une attaque directe contre l’éthique des professionnels et dénature l’ensemble des missions que chaque intervenant assure dans l’exercice de son métier. Pour servir une politique sécuritaire, avec ce projet, le gouvernement instaure la délation et fait l’amalgame entre la prévention et le contrôle social. Le SNUAS-FP réaffirme la primauté de l’éducatif sur le répressif, et refuse la transformation de tous les professionnels en auxiliaires de police. Le SNUAS-FP exige le retrait de ce projet de loi liberticide.

Un large mouvement de résistance contre toutes ces mesures répressives et sécuritaires mises en place par ce gouvernement s’organise en France.

COMBATTONS, ensemble, la montée du tout sécuritaire, de la répression contre les pauvres (de plus en plus assimilés à des « classes dangereuses »), le recul des libertés publiques (projet de loi Sarkozy et Perben II.).

REFUSONS de devenir des délateurs. L’époque de Vichy serait-elle oubliée ???

Si nous ne réagissons pas maintenant, ce sont nos métiers, fondés sur le respect des droits fondamentaux (au travail, à l’éducation, à la santé, au logement, à la culture.) qui sont menacés !

Pour manifester notre refus de cette politique qui, elle, est dangereuse.

Retrouvons-nous nombreux le 17 mars à Paris !