APPEL DE TOULOUSE à la RESISTANCE ET DESOBEISSANCE DANS LES SERVICES PUBLICS.

Soutien du collectif Résistance à la Délation 31.

samedi 19 novembre 2011, par Collectif toulousain

Cet appel a été lancé mercredi 5 octobre à 12h30 à l’occasion d’une conférence de presse devant la Direction Régionale de Pôle Emploi Midi-Pyrénées en présence de nombreux désobéisseurs des services publics de la région. Lors de cette conférence de presse a commencé la grève de la faim d’Isabelle de Léon,salariée de Pôle emploi à Toulouse qui est passé en commission disciplinaire le 13 octobre à Paris pour faits de résistance au sein de son administration.


APPEL DE TOULOUSE des résistants et désobéisseurs des Services Publics

Nous sommes citoyens, usagers et salariés, agents ou fonctionnaires, des services publics ou remplissant des missions de service public. Nous nous élevons ensemble contre leur destruction et la dégradation du service rendu au public.

Ce gouvernement fusionne, démantèle, privatise. Il manipule ! Il organise l’inefficience des services et les rends inopérants pour remplir leur mission d’intérêt général. Il réduit les effectifs, diminue les moyens, change les métiers, réorganise, désorganise... provocant ainsi l’insatisfaction, la souffrance des usagers et des salariés. En diffusant une mauvaise image des services publics et en opposant usagers et agents, il prépare leur disparation.

Les services publics sont : la Santé, l’Éducation, la Justice, les Services Sociaux, les Universités et la Recherche, les Organismes Sociaux : CAF, Sécurité Sociale, Pôle emploi.., la Police, les pompiers, les crèches municipales, les services territoriaux, l’Équipement et l’aménagement du territoire, les transports, la Poste, la SNCF…, l’accès à l’eau, au gaz, à l’électricité…

Tout ce qui est légitimement accessible à tous et qui rend notre quotidien confortable.

Nous avons déjà laissé beaucoup de ces secteurs échapper à la régulation de l’État, certains ont disparu, d’autres sont privatisés ou en voie de l’être... Jusqu’où allons-nous les laisser nous dépouiller de ce qui ne leur appartient pas ?

Les générations précédentes avaient eu la prudence de garantir un accès gratuit et régulé à ces services de façon à ce que tous puissent en bénéficier, sur l’ensemble du territoire. De quel droit ce gouvernement s’autorise t-il à modifier des structures aussi fondamentales - et constitutionnelles - de notre société, à l’encontre des intérêts de la population qu’il est censé servir ?

Il agit peut-être légalement, en votant des lois de circonstance, mais illégitimement en ne prenant en compte ni l’intérêt de tous, ni les importantes manifestations de la rue, et en instrumentalisant l’action sociale à des fins sécuritaires.

Il y a un dysfonctionnement dans notre système déclaré « démocratique » ; et devant ce constat beaucoup d’entre nous se sont démobilisés, invoquant une impuissance face aux politiques, eux-mêmes confrontés à leur propre impuissance face aux marchés... D’impuissance en impuissance : nous laissons faire et ce que nous redoutons se réalise.

Pourtant, nous pouvons cesser de nous abriter derrière ce discours de « ça ne sert à rien », arrêter d’être fatalistes, retrouver notre capacité à nous indigner, à réagir, et à agir. Car sans nous « ils ne sont rien », qu’ils soient politiques, ou grands gestionnaires, c’est nous qui sommes sur le terrain à faire ou à subir ce qu’ils nous demandent d’accomplir contre nous mêmes tous les jours.

Il est donc temps, pour nous et pour les générations à venir :

• de porter un coup d’arrêt à la destruction organisée de nos droits et acquis sociaux, de nos structures de solidarité et de fraternité ;

• d’arrêter de subir et de contribuer au fonctionnement de ce qui peut nous nuire ou nuire à nos concitoyens ;

• de refuser de céder à la division (les vieux contre les jeunes, les travailleurs contre les chômeurs, les salariés du privé contre les fonctionnaires, les « intégrés » contre les étrangers...), à la mise en concurrence généralisée des salariés au coeur des entreprises et des établissements publics (Les places sur le marché de l’emploi sont chères et ils s’en servent...)

Il dépend de nous, une fois encore dans l’histoire, de leur rappeler qu’ils ne sont là que sur mandat, et qu’ils sont révocables... Ils nous demandent des sacrifices, exigeons des comptes...

Il s’agit d’un appel, un appel à la résistance, à la désobéissance ouverte ou discrète, où que vous soyez, qui que vous soyez, vous pouvez agir pour vous et pour nous tous. Dans chaque secteur d’activité, chaque jour, nous pouvons faire différemment ou ne pas faire, pour arrêter cette déconstruction et la contrer le plus possible.

C’est un appel à Tous. Nous demandons à chacun d’agir à sa mesure, nous appelons aussi les personnalités à s’engager publiquement, médiatiquement : que ceux qui savent, disent, haut et fort, seuls ou en collectifs : historiens, sociologues, juristes, économistes, intellectuels, journalistes...

Retrouvons le sens de nos responsabilités : celles de citoyens actifs, celles de membres solidaires d’une collectivité, celles de parents soucieux de l’avenir de leurs enfants.

Résistants et désobéisseurs des Services Publics APPEL DE TOULOUSE des résistants et désobéisseurs des Services Publics Soutenu par (premiers signataires) : CnR 31, Collectif de Défense des Services Publics Castelnaudary Lauragais, Collectif Résistance à la délation-31, Comité de Résistance Social, Convergence nationale des services publics, Coordination des Intermittent-es et Précaires Midi-Pyrénées (CIP-MP), GREF 31, Réseau des enseignants-désobéisseurs du 31, Réseau Emploi Formation Insertion, Robin des Bois de l’énergie 31, syndicats Pôle Emploi Midi-Pyrénées : CGT, SNU FSU, Solidaires Sud Emploi, Syndicat National des Chercheurs Scientifiques SNCS-FSU section Midi-Pyrénées, Sud santé-sociaux 31.

Une grève de la faim pour alerter contre la fin des services publics

Conseillère sur l’agence Pôle Emploi de Toulouse Occitane, j’ai décidé de refuser d’appliquer une nouvelle procédure d’inscription qui acte la fusion ANPE/ASSEDIC. Sanctionnée d’un blâme par ma Direction Régionale, j’ai maintenu un refus qui me conduit aujourd’hui à une convocation le 13 octobre devant un conseil de discipline au niveau national.

Je revendique mon acte de désobéissance, rejoignant ainsi l’action d’autres agents du Service Public, car il n’a qu’un objectif : refuser la dégradation du service apporté aux demandeurs d’emploi. Je maintiens que cette procédure n’offre pas un service de qualité, mais un service minimum, voire dégradé, qui n’est pas sans conséquence sur l’indemnisation des demandeurs d’emploi et ses délais.

J’aurais pu en rester là si cette dégradation n’était pas un phénomène généralisé sur beaucoup, pour ne pas dire tous les secteurs des services publics. Ce sont bien eux qui sont visés et frappés au coeur de leur mission : de service auprès du public, nous sommes en voie d’être instrumentalisés contre le public... Sur des aspects de la vie aussi fondamentaux que la Santé, l’Education, le Social, l’Énergie...

Il y a là, sous prétexte d’une « modernisation », des intentions peu en accord avec les principes d’égalité, de fraternité et encore moins de solidarité...

Il y a là une trahison de ces mêmes principes, un désengagement de l’intérêt général au profit d’intérêts particuliers.

Il y a là un changement de société qui se fait par fusion, privatisation, spoliation, contre les principes fondateurs de redistribution, répartitions, et réparation des inégalités de départ.

C’est ce danger, d’autant plus inquiétant qu’il n’est pas annoncé, qui me conduit aujourd’hui à démarrer une grève de la faim.

Ce n’est pas un acte d’auto destruction, ni une grève de la « fin » : c’est un cri d’alarme, d’alerte... Et c’est bien peu en souvenir des 200 années de lutte qui ont construit cette organisation sociale et politique, certes imparfaite, que nous laissons détruire peu à peu.

C’est donc un appel à tous, un appel à réagir et agir, pour re/devenir des citoyens actifs, responsables de l’intérêt collectif, du bien être de tous, et de notre avenir commun.

Isabelle de Léon

Rassemblement de soutien à Isabelle de Léon Conférence de presse pour l’appel à la résistance et désobéissance dans les Services Publics Mercredi 5 Octobre à 12h30 devant la Direction Régionale de Pôle Emploi Midi-Pyrénées 33/43 avenue Georges Pompidou, BALMA (métro Balma-Gramont) Contacts presse : isabelle.a.deleon gmail.com - téléphone : 04.68.23.41.12 - 06.85.23.39.67

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