APPEL A RESISTANCE AU DEVELOPPEMENT DU CONTROLE SOCIAL

Qui lutte peut perdre, qui ne lutte pas a déjà perdu. (B. Brecht)

dimanche 21 janvier 2007

Appel lancé lors des « 6 heures contre la délation » (Concert d’information et de soutien au collectif Toulousain de « Résistance à la délation ») à Toulouse le samedi 13 janvier 2007


Nous assistons impuissants au développement d’une société de contrôle social.

Se développent des politiques de contrôle de la population et la multiplication du fichage de la population dans tous les domaines de la vie professionnelle, militante et de la vie privée. Le dernier en date est le fichier national des empreintes génétiques qui était à l’origine destiné aux crimes sexuels et qui s’étend maintenant aux militants : Des faucheurs volontaires sont concernés ainsi que des manifestants contre le CPE...

Le fichier « Base élève » qui concerne l’éducation nationale permet lors de l’inscription de votre enfant à l’école de recueillir, de garder et d’utiliser des renseignements personnels sur lui, son comportement, ses problèmes de santé et sa famille. On oblige les personnels de l’ANPE par le contrôle informatique de chacun de leurs acte professionnel à « suivre » les chômeurs au détriment de leur mission d’aide à la recherche d’emploi.

Le Projet de Prévention de la délinquance vient parfaire un dispositif législatif comportant + d’une dizaine de lois sécuritaires. En fin de mandat électoral il vient terminer un projet de société où le Maire sera le pivot de la répression de la population.

Avec le fichage, il y a 400 fichiers en France, le croisement des données, le maire sera au courant de la vie de chacun de ses administrés. Il connaitra les difficultés scolaires des enfants, nos problèmes de santé, nos difficultés matérielles et financières même passagères. Il pourra administrer des sanctions plus sévères à l’égard des mineurs sans forcément l’intervention d’un juge, sans préserver les droits de la défense. Le maire pourra faire interner en psychiatrie pour 72 h des personnes pour trouble de l’ordre public sur simple avis médical. Un certificat médical ne sera plus nécessaire. Un simple coup de fil à un ami (médecin) suffira...

Bref si ce projet passe...et cela est quasiment acquis sauf un sursaut populaire immédiat, le maire aura à sa disposition tout un arsenal répressif pour assurer le contrôle social de la population : Un véritable shériff dans sa ville.

Nous vous invitons à interpeller le maire de votre ville ou de votre village sur le sujet. Nous avons adressé 600 courriers aux élus de notre département... La motion que nous leur avons proposé a été présentée et adoptée par seulement 2 conseils municipaux et nous avons reçu le soutien personnel d’un seul maire. Nous les avons relancé...sans succès jusque là. La Ligue des droits de l’homme les a également interpellés. Nous avons besoin de votre soutien.

Le maire disposera aussi d’une « brigade » de travailleurs sociaux qui seront obligés, si le maire le leur demande, de transmettre des informations personnelles, jusque là confidentielles sur les personnes rencontrant dans leur vie de graves difficultés sociales ( toutes les personnes accompagnées dans un centre social ), éducative et matérielles ( qui n’en a pas de nos jours )...Qui décidera de la gravité de ses difficultés ? En tout état de cause, les personnes rentrant dans un service social ne seront plus protégées par le secret professionnel permettant aux travailleurs sociaux de faire leur travail mais au contraure, tout ce que vous direz pourra désormais être retenu contre vous.

Nous demandons à tous les travailleurs sociaux et les bénévoles d’avertir les usagers de ce risque. C’est la moindre des choses quand on parle de relation de confiance.

Je ne vous ai pas parlé là de la vidéo surveillance ni de l’utilisation de la biométrie, ni de la traque faite encore à l’heure actuelle aux enfants et aux familles de sans papiers, ni de la chasse qui est faite aux SDF sous prétexte que la mendicité est aggressive : la mairie de Toulouse a pris un arrété municipal contre ce qu’ils appellent les campements sauvages et une brigade de police municipale est chargée de controler et de verbaliser les personnes sans domicile fixe dans la rue...voire de les conduire à l’extérieur de la ville.

Bref, c’est une société de contrôle qui est en train de se mettre en plac au détriment des libertés individuelles et collectives. J’ai appris hier qu’à Bordeaux, la distribution de tracts dans la rue était désormais interdite.

L’offensive sur les troubles du comportement, illustré par un récent rapport de l’INSERM, correspond à un véritable projet de formatage où toute révolte devient illicite comme en témoigne les nouvelles dispositions législatives sur la rébellion.

Pour contrer cela, nous vous invitons individuellement à user de vos pouvoirs citoyens pour informer vos proches et interpeller nos élus sur le sujet. Nous vous invitons à signer les nombreuses pétitions que vous trouverez à la table de presse ou sur internet : pétition contre le PLPD*, appel à la résistance au contrôle social*, appel à l’insurrection des consciences*, pétition de la LDH contre la divulgation de sa vie privée par le numéro de sécu, la pétition contre une immigration jetable et celle de Resf : « Nous les prenons sous notre protection », celle contre l’utilisation du Taser, et sur internet celle contre le dépistage systématique des enfants à 3 ans... et bien d’autres que vous trouverez au sein des collectifs . Nous vous invitons à rejoindre le collectif de résistance à la délation qui organise cette soirée.

Nous vous invitons à saisir la Ligue des Droits de l’Homme de situations que vous rencontrerez vous même et dans vos entourages professionnels personnels et militants.

Enfin, à l’adresse des professionnels de l’aide et des militants, je vous invite à rejoindre le Comité de Résistance Social :
- pour organiser ensemble et avec les organisations professionnelles, associatives, syndicales et politiques concernées la Résistance au développement du contrôle social dans nos quotidiens professionnnels et militants,
- pour préserver le droit des usagers et la qualité de notre travail au service du développement social, de mener collectivement une véritable campagne de revalorisation de nos professions d’aide.

En attendant, la vigilance est de mise.

A l’appel du CNU de résistance délation, nous organisons une manifestation CONTRE LE PROJET DE PREVENTION DE LA DELINQUANCE : Mardi 23 janvier, 14 heures place Wilson à Toulouse.

Venez nombreux et nombreuse manifester votre opposition à ce projet de société dont nous ne voulons pas.

Une assemblée générale du collectif de résistance à la délation de toulouse suivre lundi 29 janvier pour organiser toutes et tous ensemble une résistance active et quotidienne.

Le 10 mars prochain , nous participerons, le plus nombreux possible aux états généraux des services publics organisés par la Convergence nationale des collectifs de services publics où nous traiterons cette question avec l’ensemble des organisations professionnelles, syndicales, associatives qui se sentent concernées par ce sujet préoccupant pour nos libertés et l’avenir de notre société.

Voilà les rendez vous sont pris.

Nous voulons une résistance active, pacifique. Mais nous sommes et resterons, néanmoins déterminés. Ils nous veulent dociles et soumis, soyons rebelles et désobéissants ! Reprenons ensemble le contrôle de nos vies.

Pour finir, je vous cite B BRECHT : Qui lutte peut perdre, qui ne lutte pas a déjà perdu.


Pétitions disponibles :

- La Prévention prise en otage, Répression à tous les étages : « Refusons ce projet de loi Prévention de la Délinquance » - 3303 signataires depuis le 21 décembre 2006

- Appel à Résistance au développement du contrôle social : (...)suite à l’après midi de défense et de promotion des services publics le 10 juin à Toulouse...

- Appel à l’insurrection des consciences, résistons au contrôle social - 2508 signatures depuis le 18 octobre 2006