8 collectifs du grand Ouest aux 24 heures de la prévention spécialisée le 28 et 29 janvier à Rennes

mardi 1er février 2005


Dans le cadre des 24 heures de la prévention spécialisée à Rennes les 28-29 janvier 2005.

Journées inter régionales de formation des membres des équipes de prévention spécialisée du grand Ouest. Les organisateurs : CNLAPS, équipes de prévention, CREAI de Basse Normandie, CREAI Bretagne, CREAI Pays de la Loire.

Dans la journée du vendredi 28 janvier, les organisateurs ont prévu un temps de parole pour informer l’assemblée du devenir de l’avant projet de loi sur la prévention de la délinquance. Sont intervenus : Bernard Heckel pour le CNLAPS Roland Duval pour les collectifs Jean Pierre Aleau pour le Groupe Prévention spécialisée grand Ouest

Les collectifs représentés sont : Collectif 49 d’information et d’actions contre le tout-sécuritaire. Collectif finistérien « anti-délation » Brest Collectif anti-délation du Finistère Sud Quimper Collectif Action Sociale 44 Collectif de défense des libertés fondamentales de l’agglomération rouennaise (Seine Maritime) Comité de veille de Basse Normandie COllectif Rennais de REsistance SOciale (CORRESO) COllectif de Professionnels et d’Associations D’Actions Sociales du Pays de Fougères. ( COPADAS)

Pendant l’intervention, un membre de chaque collectif était présent à mes cotés.

Depuis le début de l’année 2004, partout en France, des collectifs locaux se constituent pour s’opposer à l’avant projet de loi sur la Prévention de la délinquance. Projet de M. SARKOZY, alors Ministre de l’intérieur.

A ce jour, nous sommes environ 45 collectifs représentés par le collectif national unitaire. Chaque collectif est représenté par des citoyens et des professionnels de l’action sociale (formateur, travailleurs sociaux, enseignants, agents d’insertion, psychologues etc.....) De plus les collectifs sont soutenus par les syndicats et des associations. Plusieurs actions et manifestations ont eu lieu au cours de l’année à Paris et dans les régions. Toujours avec les même demandes, le retrait pur et simple de l’avant projet de loi de la prévention de la délinquance, le respect du travail réalisé par les professionnels de l’action sociale et pour le respect des droits et libertés des citoyens.

QUE DIT CET AVANT PROJET ?

Si l’on regarde de près, il est facile de comprendre que les délinquants sont forcément des personnes en difficultés sociales, éducatives et matérielles. Les signaler au maire est une première réponse car il sera plus facile de les surveiller, les contrôler et les sanctionner.

Les Etats-Unis ont créé le concept de la guerre préventive. Notre gouvernement lui, crée la répression préventive.

Non content de ce nouveau concept, il lui faut des soldats. Qui d’autre mieux placés que les professionnels de l’action sociale pour rendre plus efficace ce projet ! Ils ont la confiance et la connaissance du public. Il leur sera facile alors d’avoir les informations nécessaires pour réprimer les moindres défauts (tolérance zéro).

Coup double dans cette mesure.

Puisque ces professionnels de l’action sociale sont incapables de résoudre les problèmes de délinquance. Le maire lui saura endosser cette responsabilité. Il saura faire travailler les professionnels entre eux, de gré où de force, il en va de l’intérêt de l’Etat. Sachez aussi, que sous prétexte d’être tenu au secret professionnel, la grande majorité de ces gens du social veulent délibérément cacher quelque chose. Mais qu’est ce donc ?

Tout simplement leur incompétence et leur fainéantise. Ne pas rendre compte de leur travail, leur permet de rester derrière leur bureau sans rien faire, comme les fonctionnaires. Il faut arrêter cela. De plus, parmi eux, certains sont malhonnêtes, ils sont complices des jeunes et profitent des larcins (autoradio, téléphone portable, vente de shit etc....) La coordination du Maire va permettre de contrôler aussi bien les usagers, que les professionnels et d’ouvrir l’information à tous. Actuellement, on entend beaucoup parler de notion de « secret partagé » ou de « dossier médical partagé ». Lorsque 60 millions de français seront informés de tout, nous pourrons dire que le secret est bien partagé.

L’action sociale n’est plus une action de prévention et d’accompagnement des personnes en difficultés vers une insertion sociale et professionnelle en vue de leur mieux être. Mais cela devient, répression, contrôle et intégration sociale et professionnelle de force, en vue de bien être du reste de la population insérée.

De nombreux professionnels ont réagi à ces accusations, toutefois, au fil du temps la mobilisation est devenue de moins en moins importante.

Les informations, le plus souvent officieuses ont crée beaucoup de confusions. Certains professionnels et associations sont même persuadés que le retrait du projet par le gouvernement est certain et déjà, ils s’en réjouissent C’est un leurre. Pourquoi ? Pourquoi ? Nous, agent du social, aurions nous été entendu par le gouvernement alors que le combat des intermittents du spectacle, des chercheurs, des enseignants n’a jamais ou très peu, été pris en compte. De plus, leurs combats étaient nettement plus médiatiques.

Pourquoi des dispositifs et des lois comme le renforcement des mesures d’enfermement des mineurs (loi Perben I et II) ?

Pourquoi, retirer les assistants éducatifs dans les écoles et placer la police comme interlocuteur privilégié ?

Pourquoi, la fouille des élèves dans les lycées ?

Pourquoi, proposer la vidéo surveillance dans les écoles, sur la voie publique et même dans les cimetières ?

Pourquoi, D. de VILLEPIN devant l’association des Maires de France, le 18 novembre 2004 déclare que le projet de loi sur la prévention sera soumis au parlement avec D. PERBEN en 2005 ? « Il s’appuie sur une volonté claire : faire du Maire, le pilote des actions de prévention. Vous aurez à faire travailler ensemble tous les acteurs compétents ». De même que J. CHIRAC, le 8 novembre 2004 devant l’école nationale de la police présente le Maire comme pilote de la Prévention de la délinquance. Pourquoi le rapport Bénisti ? J. A. Bénisti, député UMP a remis en novembre son rapport préliminaire à D. de VILLEPIN sur la prévention de la délinquance. Etrangement, il ressemble à l’avant projet de Loi que nous connaissons. Les propositions sont inacceptables. Il est dit entre autre : « Les mères d’origine étrangère devront s’obliger à parler le français dans leur foyer pour habituer leurs enfants à n’avoir que cette langue pour s’exprimer. » « Si cette mère, persiste à parler « l’étranger », l’institutrice ( ) devra alors passer le relais à un orthophoniste. »

Pour tout cela, nous devons nous mobiliser. Il est clair que la volonté du gouvernement est de vouloir une politique du tout-sécuritaire, le répressif est pour lui, la seule réponse à apporter.

Le rapport Bénisti balaye d’un seul coup de main, tout un travail de recherches, de réflexions, d’expériences entrepris depuis des dizaines et des dizaines d’années sur l’éducation.

Ce n’est pas être parano, que de penser que la politique du gouvernement remet gravement en cause les principes de justice, de liberté et de solidarité.

C’est pourquoi, nous les collectifs représentés ici, nous vous sollicitons fortement à vous mobiliser. Nous vous demandons de vous mettre en grève et à manifester à Paris le jeudi 3 février. Votre présence marquera votre engagement, pour une société respectueuse, plus juste et solidaire.

Roland