+ 250 % de délinquance policière

Rouge n°2064, 13 mai 2004

samedi 15 mai 2004


Voir en ligne : lcr

Nous avons le sentiment que, dans certains quartiers, pour certains policiers, la légalité de leurs interventions est devenue une question subsidiaire. Ils sont presque étonnés que l’on puisse leur demander des comptes." Cette appréciation est celle d’un membre de la très officielle Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) qui vient de rendre son rapport annuel. Celui-ci met en évidence l’augmentation du nombre de bavures, qui concerne aussi bien les services publics de sécurité (police nationale, police aux frontières, polices municipales, gendarmerie nationale) que l’administration pénitentiaire (accusée de « pratiques archaïques et médiévales »), les services de sécurité des transports en commun et les activités privées de sécurité. Le nombre de dossiers adressés à la commission est passé de 20 en 2001 à 40 en 2002 et 70 en 2003. Ces chiffres confirment ceux de l’inspection générale de la police nationale (IPGN) et de l’inspection générale des services (IGS) qui ont constaté une hausse de 9,1 % des faits allégués de violences policières de 2002 à 2003. Voilà qui dément les fanfaronnades de Nicolas Sarkozy qui déclarait sans sourcillier, le 21 novembre 2003, que « depuis dix-neuf mois, il n’y a eu aucune bavure ». Cette augmentation des bavures policières est la conséquence directe des directives données aux forces de répression d’obtenir à tout prix des résultats, même si c’est au détriment des libertés fondamentales, qui confortent l’image sécuritaire du futur candidat à l’élection présidentielle.