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Interpellation de sans-papiers dans un CHRS

samedi 15 mai 2010

Rien de nouveau dans ce titre, bien sûr, et de faire le récit ici d’une interpellation sordide ne doit pas faire oublier que c’est devenu monnaie courante (avec parfois malheureusement la bienveillance des travailleurs sociaux). J’ai connu une affaire où les flics étaient plus humains et s’excusaient en disant qu’ils n’avaient pas fait ce métier pour ça. Dans le cas raconté ici, on a affaire à des bons gros flics bien cons et racistes. Vichy les aurait aimés, ceux là. D’ailleurs, quand j’y pense, Vichy aurait aussi aimé les autres, ceux qui font la même chose mais avec juste un peu plus d’humanité.

Notons au passage que la manière est ici totalement illégale, ce qui dans notre pays ne gène plus grand monde. L’uniforme est intouchable. Point.

Récit d’un membre de RESF51 :

« Toute la famille interpellée ce matin à Reims à l’Armée du salut »Nouvel Horizon" où ils étaient hébergés. Environ 15 policiers de la PAF sont entrés à 6 h 30 ce matin dans le hall d’accueil. La seule éducatrice présente, qui venait d’arriver, leur demande d’attendre qu’elle prévienne par téléphone sa direction (astreintes). Pendant qu’elle téléphone, plusieurs policiers contournent le guichet de l’accueil et se saisissent du listing des personnes hébergées (liste qu’ils emporteront avec eux en partant). Trouvant les n° des chambres de la famille, les policiers sont montés dans les étages. Ils ont ouvert par erreur, bien qu’ayant la liste en mains, la porte d’une chambre qui n’était pas la bonne, réveillant ses occupants (familles avec 2 enfants en bas âge). 4 ou 5 policiers sont ensuite rentrés dans la chambres où les enfants dormaient, seuls, (la grand mère venait de descendre déjeuner) s’opposant à ce que l’éducatrice rentre elle-même pour pouvoir les réveiller en douceur) Les enfants ont ainsi été réveillés brutalement, sans comprendre bien sûr ce qui leur arrivait. L’éducatrice a fini par « réussir à rentrer dans la chambre malgré l’objection des policiers » pour rentrer habiller les enfants qu’elle avait d’abord essayé de rassurer du regard depuis le couloir (ils ne comprennent que très peu le français) Réaction brutale (verbalement) des policiers : « on n’a pas besoin de vous... » Les policiers ont ainsi emmené les enfants, sans leurs parents, jusqu’au RDC. D’autres policiers sont allé réveiller ensuite les parents et les ont emmené, puis ont recherché la grand-mère qu’ils ont retrouvée dans le réfectoire.

L’astreinte avertie a souhaité discuter avec les forces de l’ordre mais celles-ci se sont opposées à la moindre discussion.

De là, la directrice adjointe à demandé une compréhension de leur part et l’attente de son arrivée avant toute interpellation, ce qui ne fut pas le cas.

(ici figurent les noms des personnes interpellées)

Ils étaient en procédure de réadmission vers la Pologne. L’avocat avait saisi le TA d’une demande d’annulation de la décision de reconduite, (non suspensive dans le cas d’une réadmission."

Voir en ligne : Le communiqué de presse de l’Armée du Salut